Alexandre Vigne :
La démocratisation du dialogue interreligieux profite à la démocratie. La démocratie qui, littéralement, confie le pouvoir au peuple, a besoin de citoyens vertueux. C’est pourquoi la République a besoin des religions qui font fructifier les vertus civiques. En effet, le civisme n’est pas une simple disposition a participer aux élections ou à la fonction publique. Il se pratique à chaque instant de la vie quotidienne, dès lors qu’il s’agit de vivre ensemble, en famille, en voiture, à l’école, au travail…
La démocratisation du dialogue interreligieux profite à la démocratie. La démocratie qui, littéralement, confie le pouvoir au peuple, a besoin de citoyens vertueux. C’est pourquoi la République a besoin des religions qui font fructifier les vertus civiques. En effet, le civisme n’est pas une simple disposition a participer aux élections ou à la fonction publique. Il se pratique à chaque instant de la vie quotidienne, dès lors qu’il s’agit de vivre ensemble, en famille, en voiture, à l’école, au travail…
Le civisme n’est donc pas seulement la vertu du citoyen. Le civisme se veut synthèse de toutes les vertus, notamment des quatre vertus cardinales que sont la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force (le Courage). Ces quatre vertus sont des vertus civiques, pratiques, utiles pour la société : elles aident l’individu à s’intégrer au corps social. Elles sont essentielles à la promotion de la culture démocratique. A quoi bon cantonner les vertus dans l’espace privé, comme si leur pratique dans la vie personnelle n’avait pas de valeur ou de signification politique ? A Athènes, aux Ve et IVe siècles avant Jésus-Christ, les vertus étaient considérées comme essentielles à la vie citoyenne. Il n’y avait que quelques dizaines de milliers de citoyens adultes de sexe masculin. Ils se réunissaient en petits groupes et discutaient du bien de la cité. Ils inscrivaient leurs relations dans le cadre d’une communauté politique. Selon Aristote, leur unité était fondée sur un lien d’amitié. L’amitié émanait de la participation à la vie de la cité, non d’un plaisir partagé. Aujourd’hui, dans la société de consommation, la démocratie est vue comme une simple organisation politique devant distribuer des droits et des gains particuliers. Le citoyen a perdu la faculté d’apprécier la démocratie comme une valeur collective. Résultat, quand le pouvoir politique n’est plus en mesure de satisfaire telle ou telle revendication individuelle, c’est la démocratie qui est accusée et les droits de l’homme qui sont dévalués. L’amitié n’existe plus dans la sphère publique ou n’est plus fondée que sur l’utilité mutuelle : l’individu citoyen respecte le droit d’autrui par intérêt pour garantir les siens, non pour construire la cité. Ce faisant, il ne perfectionne ni la cité, ni lui-même. Car celui qui respecte les droits de l’homme par intérêt ou dans la peur d’être mal considéré, ne fait à titre personnel aucun progrès moral. La construction de la cité et la construction personnelle vont donc de pair. Elles dépendent l’une de l’autre. Elles doivent se faire ensemble pour le bien de chacune. Il en est de même au sein des communautés religieuses : chacun y recherche son propre bien tout en souhaitant réaliser celui des autres. Dans un couple d’amoureux aussi : deux personnes qui s’aiment forment une communauté où chacun vit du bonheur de l’autre. Pourquoi en serait-il autrement dans la vie quotidienne, les espaces publics, les transports ou au travail ? L’ordre politique et social peut avoir pour modèle le lien fondé sur l’amour, l’amitié ou la fraternité. Cela n’a rien de vain ou de désuet. Au contraire même : la mondialisation rend nécessaire ce lien humain dans les villes où cohabitent des personnes de tous horizons. La mondialisation déracine les communautés, et Cieux les aide à prendre racine dans leur nouvel environnement. L’amour, l’amitié et la fraternité procurent une force, une liberté, une confiance qui font tomber les préjugés racistes et xénophobes. La devise « liberté, égalité, fraternité » remonte à la Révolution française. Elle associe deux droits, la liberté et l’égalité à un sentiment : la fraternité. Il est bon que de tels sentiments puissent fonder la vie en société et la pratique des droits humains. Car la proximité ne créer pas à elle seule de relations de proximité. Ce n’est que là où le dialogue local est entretenu et notamment le dialogue interreligieux, que la proximité aide la démocratie participative à se réaliser. Dès lors, le dialogue interreligieux de proximité est-il une chance pour la Démocratie ? Démocratiser le dialogue interreligieux revient-il à démocratiser la démocratie ?


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Le projet de démocratiser le dialogue interreligieux avait-il une orientation politique ?
Le projet de démocratiser le dialogue interreligieux avait-il une orientation politique ?

