l’éthique de la loi naturelle sur laquelle reposent les dialogues de CIEUX, conduit à approfondir les valeurs tant religieuses que laïques. Quelle que soit l’approche préconisée, que l’éthique soit fondée sur la raison pure ou au contraire sur les sentiments, un accompagnement affectif est de toute façon nécessaire pour qu’elle prenne corps en chacun.
Car l’affectivité est l’allié de l’éthique, de la morale et du civisme dans la mesure où la pratique des vertus produit des sentiments moraux, de la joie, une estime de soi. Même pour Descartes, la générosité, contrairement aux autres passions, n’est pas un obstacle mais une aide à l’accomplissement des vertus. Et Kant, pour qui les sentiments n’ont aucun rôle à tenir dans les comportements moraux, reconnait malgré tout que le sentiment de respect agit positivement sur la volonté. La raison n’est donc pas uniquement au service de la pensée, elle l’est aussi eu égard aux sentiments, aux goûts et aux désirs. La morale, loin de s’interposer entre la pensée et les sentiments, les relie intimement. Il en est ainsi au sein des communautés religieuses, où les prescriptions morales sont édictées dans un cadre liturgique. Les communautés sollicitent tant l’écoute que les sentiments des fidèles, au travers de chants, de musiques, de récitations, de processions, d’odeurs, de repas... Si chaque communauté est attachée à sa propre liturgie, c’est parce que celle-ci entretient et transmet de génération en génération, une tradition affective. Éliminer la sensibilité et les sentiments des fondements de l’éthique, reviendrait à arracher l’éthique de son ferment religieux. L’approche rationaliste de la morale prétend se passer des sentiments au motif, notamment, que les passions seraient dangereuses. Des individus pris isolément, peuvent en effet subir leurs désirs, suivre de mauvais sentiments. Mais Cieux s’appuie sur des communautés stables, dont la cohésion interne atteste qu’elles savent libérer leurs fidèles de l’esclavage des désirs et ainsi, réguler les passions individuelles. En mettant en avant le rôle des communautés, plutôt que des seuls individus, dans le dialogue interreligieux, Cieux préconise donc une approche de l’éthique fondée sur les sentiments. Il s’agit de rendre aux sentiments toute leur place dans la formation des croyances morales. Les croyances sont en effet capables de donner des sentiments moraux, des valeurs et de déterminer la volonté. Par exemple, une des valeurs qui joue un rôle directeur dans les communautés, est la bienveillance. C’est elle qui anime, de manière générale, les comportements des fidèles les uns envers les autres. Pour que leur bienveillance profite au vivre-ensemble, Cieux s’efforce de susciter une autre valeur dans les communautés partenaires : la sympathie à l’égard des personnes de bonne volonté, qu’elles soient croyantes, agnostiques ou athées.
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Quelle est votre approche de l’éthique ?
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