Alexandre Vigne :
pour les religions, l’homme est limité, faillible ou encore pécheur : la seule connaissance des droits de l’homme et de leur intérêt bien compris ne suffit pas à les mettre en œuvre.
pour les religions, l’homme est limité, faillible ou encore pécheur : la seule connaissance des droits de l’homme et de leur intérêt bien compris ne suffit pas à les mettre en œuvre.
Rousseau avait lui-même bien conscience que la réalisation de son « Contrat social » nécessitait la pratique des vertus. Avant de vivre en société, pensait-il, les hommes coexistaient en harmonie avec la nature qui donnait à chacun ce dont il avait besoin. Dans ce Paradis originel, il était nécessaire à personne de vivre aux dépens ou aux détriments des autres. L’union ou la division n’ayant aucune raison d’être, l’homme n’était ni bon, ni mauvais. Ce n’est que lorsqu’il a commencé, pour des raisons inconnues, à vivre en groupe, explique Rousseau dans son « Contrat social », que les vices sont apparues : l’amour-propre, la jalousie, l’envie sont nés avec la faculté de juger et de comparer. La violence en fut la conséquence immédiate. Pour mettre fin au règne de l’arbitraire, à la dictature des vices et des passions, Rousseau propose aux individus de passer un contrat : plutôt que de se soumettre de gré ou de force à un autre, chacun s’engage à n’obéir qu’à la volonté générale. Ainsi pour Rousseau, les droits ne sont pas naturels mais culturels : les hommes les ont institués et ont le devoir de les respecter pour garantir le contrat social. Qu’ils soient dits naturels ou culturels, leur réalisation nécessite de toute les façons un apprentissage : celui donné par les parents est aussi indispensable qu’insuffisant. Même les mieux intentionnés en arrivent, parfois, à bafouer le droit de leurs semblables sans le vouloir. Ils savent bien que les droits dont ils jouissent impliquent de leur part le devoir de les respecter chez les autres. Ils comprennent parfaitement que leur intérêt est d’obéir aux règlements, de préserver le bien public pour mieux protéger leurs propres droits. Force est de constater que le citoyen ne parvient pas toujours à agir rationnellement compte tenu de ses droits et de ses devoirs. La valeur de la norme, son universalité, ne suffit pas à en garantir le respect. Aussi juste qu’elle puisse être, une règle impose une contrainte dont d’aucun s’accommode, son poids étant ressenti différemment par chacun. Pour remplir telle ou telle responsabilité morale, il faut non seulement savoir à quel droit ou devoir universel elle correspond, mais il faut aussi apprendre à faire le bien avec constance. Cet enseignement est nécessaire. L’école, le collège et le lycée permettent aux jeunes de développer leur sens critique. Les enseignements de l’histoire touchant, en particulier, les périodes de liberté réprimée, les aident à comprendre, intégrer et aimer les droits et devoirs universels comme leur bien propre. De même, CIEUX propose aux fidèles des religions un chemin de formation pour redécouvrir la sagesse des droits de l’homme : c’est le rôle des rencontres communautaires préparatoires aux dialogues interreligieux.


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Pourquoi les citoyens et notamment les fidèles des lieux de culte, doivent-ils s’éduquer aux droits de l’homme ?
Pourquoi les citoyens et notamment les fidèles des lieux de culte, doivent-ils s’éduquer aux droits de l’homme ?

