Alexandre Vigne :
un constat s’impose : les droits de l’homme dans le monde comptent certainement autant de partisans parmi les fidèles des religions que parmi les non-croyants ! Il est donc faux de considérer que les droits de l’homme sont étrangers ou opposés aux religions. Certes, les droits de l’homme ont reconstruit le droit en dehors du sacré.
un constat s’impose : les droits de l’homme dans le monde comptent certainement autant de partisans parmi les fidèles des religions que parmi les non-croyants ! Il est donc faux de considérer que les droits de l’homme sont étrangers ou opposés aux religions. Certes, les droits de l’homme ont reconstruit le droit en dehors du sacré.
Mais historiquement, ils n’ont pas été reconstruis en opposition au sacré : Socrate, Platon, Aristote et Cicéron, ont fondé le droit naturel sur une morale en rapport avec une doctrine de l’être absolu ; de même, en 1789, les Représentants du Peuple Français constitués en Assemblée Nationale, ont solennellement reconnus et déclarés les droits de l’homme « en présence et sous les auspices de l’Etre suprême » (Préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen). Le comité qui rédigea la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen, fut présidé par l’Archevêque de Bordeaux, Mgr Jérôme Champion de Cicé. Les droits de Dieu sont pourtant souvent opposés aux droits de l’homme : d’un côté il y aurait des droits divins qui s’imposeraient à l’homme, de l’autre, des droits de l’homme qui permettraient de s’en affranchir. Dans cette logique dualiste, les droits de Dieu se limitent aux Commandements, aux interdits religieux et aux obligations rituelles. Mais la foi se vit au quotidien et ne se cantonne pas à la seule pratique du culte. Les croyants en ont bien conscience, lorsqu’ils discernent la manière dont ils appliquent les droits de l’homme dans leur vie de tous les jours. Ils savent qu’après leur mort, leur respect des droits et devoirs universels sera évalué selon les Droits de Dieu. Puisque les droits de l’homme expriment la loi naturelle que Dieu a inscrite en chacun, ils sont aussi, pour les croyants, les droits de Dieu. Le problème ne se pose donc pas en terme d’opposition mais d’articulation des droits humains aux droits divins, des droits naturels aux droits révélés.


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Les religions peuvent-elles dialoguer sur les droits de l’homme, sans craindre de remettre en cause leurs traditions ?
Les religions peuvent-elles dialoguer sur les droits de l’homme, sans craindre de remettre en cause leurs traditions ?

