Alexandre Vigne :
oui puisque leurs Textes saints comportent aussi des proverbes ! Mais elles ne leur accordent pas toujours l’importance qu’ils méritent. A ce sujet, le cas du christianisme est édifiant. Jésus aimait employer des proverbes profanes : « à chaque jour, suffit sa peine » (Mt 6,34), « Médecin, guéris-toi toi-même » (Lc 4, 23), « L’ouvrier mérite son salaire » ( Lc 10, 7), « Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée » (Mt 5, 14), « Où que soit le cadavre, là se rassembleront les vautours » (Mt 24, 28), « Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou » (Mt 15, 14), « Nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6,24)…
oui puisque leurs Textes saints comportent aussi des proverbes ! Mais elles ne leur accordent pas toujours l’importance qu’ils méritent. A ce sujet, le cas du christianisme est édifiant. Jésus aimait employer des proverbes profanes : « à chaque jour, suffit sa peine » (Mt 6,34), « Médecin, guéris-toi toi-même » (Lc 4, 23), « L’ouvrier mérite son salaire » ( Lc 10, 7), « Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée » (Mt 5, 14), « Où que soit le cadavre, là se rassembleront les vautours » (Mt 24, 28), « Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou » (Mt 15, 14), « Nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6,24)…
Malgré l’exemple de Jésus, beaucoup de chrétiens se demandent encore pourquoi la Bible contient un livre entier consacré à des proverbes qui n’ont, pour la plupart, rien de religieux. La réponse est évidente : si les sages, plusieurs siècles avant Jésus, ont inscrit dans un Texte saint de nombreux proverbes profanes, c’est qu’ils espéraient que leur religion soit davantage qu’une communauté de gens comptant exclusivement sur Dieu pour conduire leur vie. Ils voulaient que les fidèles n’attendent pas toujours de Dieu des commandements pour les sécuriser. Ils désiraient que l’on comprenne combien Dieu nous fait confiance pour que l’on découvre comment vivre à travers nos initiatives personnelles, nos doutes, nos erreurs, nos faux pas... Ils souhaitaient donc aussi que la religion accueille ceux qui ne savent pas ou n’entendent pas obéir à des instructions venues d’en haut, à savoir tous ceux qui n’ont que peu ou pas de rapports avec Dieu. Les proverbes profanes leur sont destinés car ils délivrent des enseignements, des conseils, des mises en garde qui viennent du peuple et qui sont fondés sur l’expérience. Contrairement aux commandements que tout fidèle est tenu de suivre, les proverbes ne font pas appel à l’obéissance mais en appellent au discernement éthique. Leurs pédagogies éthiques sont aussi différentes : les Commandements disent ce qu’il faut faire, tandis que les proverbes ouvrent sur les bienfaits qui en découlent. Quand les Eglises chrétiennes ont reconnu le Livre des Proverbes dans le canon des Ecritures, elles ont, de facto, ouvert à leur tour leurs portes non seulement aux pécheurs mais aussi aux sceptiques. Les pères de l’Eglise considéraient qu’avant le Christ, Dieu révélait en partie son Salut dans la sagesse des nations, celle des philosophes et des poètes, des savants et des artisans, de la raison et des proverbes.
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Les communautés religieuses sont-elles réceptives aux proverbes populaires ?
Les communautés religieuses sont-elles réceptives aux proverbes populaires ?

