Alexandre Vigne :
au-delà des valeurs qu’ils portent, les droits de l’homme sont d’abord un acte de foi. Ils ne reposent pas sur un raisonnement irréfutable sinon, ils se seraient logiquement imposés aux pires heures de l’Histoire, quand des arguments prétendument scientifiques ont justifié l’adoption de lois racistes dans l’Europe des années 1930.
au-delà des valeurs qu’ils portent, les droits de l’homme sont d’abord un acte de foi. Ils ne reposent pas sur un raisonnement irréfutable sinon, ils se seraient logiquement imposés aux pires heures de l’Histoire, quand des arguments prétendument scientifiques ont justifié l’adoption de lois racistes dans l’Europe des années 1930.
Les droits de l’homme ne se fondent pas sur une démonstration mais sur une conviction qui vient autant du cÅ“ur que de la raison. Par exemple, CIEUX propose d’étudier le droit au développement durable, qui est encore contesté sur la base d’éléments scientifiques opposés au principe de précaution. Seule la prudence peut faire pencher en sa faveur, à condition d’en cultiver la vertu ! Il en est de même du droit de l’individu au respect de sa dignité et de ses droits quelles que soient ses caractéristiques génétiques. Ce droit repose sur le postulat selon lequel les hommes sont égaux en droit. Il se justifie d’un point de vue rationnel : les droits sont les mêmes pour tous car les êtres humains quelles que soient leurs aptitudes physiques, mentales, sociales et spirituelles, sont dotés de raison et de conscience. Toutefois, il existe un argument contraire, puisque dans les faits, les individus n’ont pas les mêmes aptitudes et sont inégaux. Un tel droit se justifie donc moins par la logique que par l’éthique : la loi du plus fort ne peut mener qu’à la discrimination, à l’eugénisme et au génocide. Le discernement éthique pratiqué dans les communautés laïques est essentiel à l’appréciation de ce droit mais aussi à son application dans la vie quotidienne. Chacun peut se demander : n’ai-je pas manqué d’attention à l’égard de telle personne à handicap, pourquoi n’ai-je pas fait preuve d’hospitalité envers telle autre de couleur ? L’expérience éthique n’est pas qu’une affaire individuelle et rationnelle. En participant à une rencontre communautaire laïque, chacun comprend ou admet implicitement qu’il n’est pas son propre absolu, qu’il ne peut compter sur ses seules forces pour réaliser en lui-même un discernement éthique. Les droits de l’homme se révèlent à la conscience dans le regard des autres. Ils constituent pour les non-croyants, une révélation laïque.


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Pourquoi les non-croyants ont-ils besoin de se réunir pour préparer les dialogues interreligieux sur les droits de l’homme ?
Pourquoi les non-croyants ont-ils besoin de se réunir pour préparer les dialogues interreligieux sur les droits de l’homme ?

