Alexandre Vigne :
il leur suffit de déduire de la Parole révélée non pas des droits et des devoirs concrets, mais des droits et des devoirs abstraits, à caractère universel. Par exemple « Nulle contrainte en religion » (Coran II, 256) ou « Ta mission n’est pas de leur imposer la foi » (Coran L 45), sont des versets qui donnent un fondement éthique au droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction (Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion et la conviction).
il leur suffit de déduire de la Parole révélée non pas des droits et des devoirs concrets, mais des droits et des devoirs abstraits, à caractère universel. Par exemple « Nulle contrainte en religion » (Coran II, 256) ou « Ta mission n’est pas de leur imposer la foi » (Coran L 45), sont des versets qui donnent un fondement éthique au droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction (Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion et la conviction).
C’est ainsi que, lors des rencontres préparatoires de CIEUX, de « simples fidèles » musulmans cherchent au sein du Coran et des textes inspirés de l’Islam, une aide pour mieux appliquer les droits de l’homme dans leur quotidien. Ils pratiquent le Kiyas, qui consiste à faire une déduction à partir d’un verset du Coran ou d’une parole de son prophète. Si cette déduction reçoit l’assentiment de leur communauté, alors le droit de l’homme déduit de la Parole révélée est authentifié comme un droit musulman. Le recours au peuple peut surprendre, mais le prophète de l’Islam a lui-même dit et répété sur la foi du Coran, que l’ensemble des croyants ne pouvait jamais se tromper. Le Coran appelle à plusieurs reprises les musulmans à se concerter, à délibérer en commun et ordonne même à leur prophète : « Consulte-les dans le pouvoir, dans les affaires, dans le commandement » (Coran III, 159). Mohammed pouvait, de fait, consulter directement l’ensemble de sa communauté. Par la suite, les musulmans sont devenus si nombreux que cela est vite devenu impossible. Les Docteurs de la Loi ont donc remplacé le peuple qui n’a plus eu voix au chapitre. L’idjma, c’est à dire l’assentiment de la communauté, est ainsi tombée dans l’oubli pour des raisons sociologiques et non théologiques. D’ailleurs, elle était jugée aussi infaillible que la Charia. La technique permet aujourd’hui de la restaurer comme au tout premier temps de l’Islam. Grâce à Internet, les communautés musulmanes qui participent aux CIEUX, peuvent jauger leur unanimité sur tel ou tel droit de l’homme. Chacune peut approfondir le droit ou devoir universel de son choix et en faire part aux autres.


faire un commentaire [Comment les musulmans peuvent-ils reconnaître les droits de l’homme comme sacrés ?]
Modifier l’article id :112
Comment les musulmans peuvent-ils reconnaître les droits de l’homme comme sacrés ?
Comment les musulmans peuvent-ils reconnaître les droits de l’homme comme sacrés ?

