Alexandre Vigne :
demandons-nous d’abord ce qui donne aux droits de l’homme leur caractère universel. Les droits de l’homme sont universels car ils expriment un bien qui pourrait être revendiqué par n’importe quel individu ayant une conscience irréprochable, quelle que soit sa culture et ses valeurs : le droit à la protection contre la discrimination, le droit à la liberté de réunion, à la liberté de conviction…
demandons-nous d’abord ce qui donne aux droits de l’homme leur caractère universel. Les droits de l’homme sont universels car ils expriment un bien qui pourrait être revendiqué par n’importe quel individu ayant une conscience irréprochable, quelle que soit sa culture et ses valeurs : le droit à la protection contre la discrimination, le droit à la liberté de réunion, à la liberté de conviction…
Pour les religions, si quiconque est capable de vouloir les mêmes libertés fondamentales, c’est qu’une même loi morale existe naturellement dans le cœur des hommes. Cette loi naturelle est la conscience du bien, de ce qui est bon. Elle règle du dedans le comportement et pousse chacun spontanément vers la liberté, le bien, la vérité, la justice… Les droits de l’homme sont donc des principes moraux. Ils sont exprimés de manière juridique par exemple, dans la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis (1776) ou la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen (1789). Les droits de l’homme sont l’expression du droit naturel comme le stipule la Déclaration française : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » (art. 2). La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 proclame encore bien d’autres lois naturelles. De ce point de vue, le dialogue interreligieux que l’association CIEUX propose n’est pas nouveau : il poursuit le dialogue des religions sur le droit naturel, comme au temps d’Abraham, il y a 3850 ans. Les Ecritures nous disent qu’Abraham « observa la loi du Très-Haut et entra dans une alliance avec lui » (Si 44,20). Or cette loi ne sera révélée à Moïse que 600 ans plus tard. La loi que le Très-Haut offrait à la contemplation d’Abraham, n’était donc que la Loi à venir adossée à la loi morale naturelle. La promesse faites à Abraham d’une descendance innombrable s’est réalisée, puisque les juifs, les chrétiens et les musulmans forment la moitié de la population mondiale. Les autres religions sont associées à cette alliance, pour peu qu’elles observent la loi naturelle. Aux premiers temps du christianisme, Paul observait : « Quand les païens qui n’ont point de loi, font naturellement ce que prescrit la Loi, ils sont, eux qui n’ont point de loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’oeuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience, en rendant témoignage » (Rm 2, 14-15). Si le pluralisme religieux est voulu par Dieu, il faut bien alors construire des ponts entre les différents chemins qui y mènent. Ces ponts, ce sont les droits et devoirs universels qui expriment une loi naturelle commune.


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Comment les religions peuvent-elles exprimer le caractère universel des droits de l’homme ?
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