Alexandre Vigne :
apprendre, dans la pratique du culte, à demander pardon est déjà une façon de servir l’intérêt commun, d’intégrer son action dans un cadre civil, dans une communauté civile. De surcroît, la pratique de la foi vous fait prendre conscience du caractère vertueux ou non de vos conduites. Vous pouvez donc vous rendre compte des « esclavages » (orgueil, duplicité…) qui vous ont empêché d’accomplir tel ou tel droit universel en telle ou telle circonstance. La religion est ainsi facteur d’ordre et de paix sociale quand elle enseigne l’usage des vertus.
apprendre, dans la pratique du culte, à demander pardon est déjà une façon de servir l’intérêt commun, d’intégrer son action dans un cadre civil, dans une communauté civile. De surcroît, la pratique de la foi vous fait prendre conscience du caractère vertueux ou non de vos conduites. Vous pouvez donc vous rendre compte des « esclavages » (orgueil, duplicité…) qui vous ont empêché d’accomplir tel ou tel droit universel en telle ou telle circonstance. La religion est ainsi facteur d’ordre et de paix sociale quand elle enseigne l’usage des vertus.
Rousseau s’identifiait aux croyants qui, par la pratique des vertus, apprennent à respecter la société, à aimer leurs prochains et à obéir aux lois. Pour lui, le vice est la cause principale du délitement de la société. Il estime que le luxe, le désir de richesse déstabilisent le corps social en accroissant les inégalités et en détournant les citoyens de leurs devoirs. L’individualisme, par lequel les citoyens entendent satisfaire leurs devoirs égoïstes sans lien avec le bien commun, conduit au désordre public. La tempérance est donc pour Rousseau la vertu civique par excellence, car elle permet de surmonter l’esclavage des désirs, du plaisir et de l’avidité qui engendre l’instabilité sociale. Le civisme n’est pas seulement la vertu du citoyen. Le civisme se veut synthèse de toutes les vertus, notamment des quatre vertus cardinales que sont la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force (le Courage). Ces quatre vertus sont des vertus civiques, pratiques, utiles pour la société : elles aident l’individu à s’intégrer au corps social. Elles sont essentielles à la promotion de la culture démocratique. Les vertus pour la République ont pour but d’établir une bonne conduite alors que pour les religions, elles ne sont qu’un moyen d’être relié au divin. Pour la République les vertus permettent d’entrer dans le monde, pour les religions elles permettent aussi d’en sortir.


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Quelles sont les dimensions civiques latentes à la pratique de la foi ? La religion peut-elle révéler votre civisme ou votre manque de civisme ?
Quelles sont les dimensions civiques latentes à la pratique de la foi ? La religion peut-elle révéler votre civisme ou votre manque de civisme ?

