Alexandre Vigne :
cela est dû au fait que ce sont surtout les acteurs sociaux, les éducateurs et les responsables politiques parlent des droits de l’homme. Mais les religions ont aussi leur mot à dire sur les droits humains. Elles doivent apprendre à en faire la promotion autrement que dans les discours officiels.
cela est dû au fait que ce sont surtout les acteurs sociaux, les éducateurs et les responsables politiques parlent des droits de l’homme. Mais les religions ont aussi leur mot à dire sur les droits humains. Elles doivent apprendre à en faire la promotion autrement que dans les discours officiels.
Jean-Paul II avait montré le chemin en lançant en 1998, la Pastorale des droits humains à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le Saint-Père a été entendu dans les pays du Sud où les droits de l’homme sont bafoués. En revanche son appel n’a pas eu d’écho dans les pays démocratiques du Nord. Les fidèles catholiques jugeaient sans doute que les droits de l’homme étaient déjà suffisamment protégés par quantité d’associations. Ils n’ont pas compris que le pape les appelait à approfondir plutôt qu’à revendiquer les droits de l’homme. Le fait qu’il ait parlé de Pastorale montre qu’il appréhendait les droits de l’homme comme des devoirs moraux envers soi-même et non plus seulement comme des devoirs sociaux envers les autres. Au motif que les droits de l’homme régulent les relations individuelles, leur éthique ne devrait couvrir que les rapports aux autres et exclure les devoirs moraux envers soi-même. Mais les droits de l’homme ont été créés pour protéger les personnes autant que pour garantir leurs relations. C’est pourquoi, les actes qui ne causent du tort, en apparence, qu’à soi-même et pas aux autres, comme le suicide ou le sadomasochisme, relèvent aussi de l’éthique des droits de l’homme et sont également condamnables. Il en est de même des vices cachés, comme l’alcoolisme, ou des sentiments immoraux, comme la haine, la jalousie, l’avarice…. Du point de vue de la morale individuelle, les religions ont le même but que les droits de l’homme : libérer chacun de ses chaînes, de ses aliénations, de ses esclavages personnels.


faire un commentaire [Pourquoi les droits de l’homme sont-ils, avant tout, perçus comme des devoirs sociaux envers les autres ?]
Modifier l’article id :105
Pourquoi les droits de l’homme sont-ils, avant tout, perçus comme des devoirs sociaux envers les autres ?
Pourquoi les droits de l’homme sont-ils, avant tout, perçus comme des devoirs sociaux envers les autres ?

