Alexandre Vigne :
la déclaration universelle des droits de l’homme indique le bien qui est à faire mais ne donne qu’un seul moyen pour y parvenir : l’intérêt que chacun a, en tant qu’individu, à respecter le droit des autres s’il veut que son droit soit en retour respecté.
la déclaration universelle des droits de l’homme indique le bien qui est à faire mais ne donne qu’un seul moyen pour y parvenir : l’intérêt que chacun a, en tant qu’individu, à respecter le droit des autres s’il veut que son droit soit en retour respecté.
Or, cet intérêt conduit soit à mal appliquer les droits de l’homme, par pur égoïsme, soit à ne pas les appliquer du tout, quand l’égoïsme et le mépris des autres l’emportent. De plus, dans quantité de situations, l’intérêt personnel ne joue aucun rôle. On peut même dire que moins l’intérêt égoïste est en jeu, plus les droits de l’homme sont un objectif. Il en est ainsi pour le droit au développement durable : par exemple, quelqu’un qui s’abstient de prendre sa voiture une fois par semaine pour aller au travail et utilise les transports en commun sait que sa contribution personnelle à la baisse du réchauffement climatique est nulle. Son intérêt égoïste serait de prendre sa voiture tous les jours puisque tous les autres en font autant. Pourtant, il y renonce car en compensation de son effort, il a une meilleure estime de lui-même. Les religions ont le pouvoir de donner des récompenses spirituelles pour des gestes quotidiens qui, sans elles, passeraient inaperçus : faire les courses pour un ami malade, laisser sa place aux personnes âgées dans les transports publics, supporter les critiques incessantes de son chef de bureau, répondre aux besoins de son conjoint, de ses enfants…. Aussi silencieux soit-il, le rôle des religions tant dans l’espace privé que public, est réel, même s’il n’est pas quantifiable. Le rôle des droits de l’homme dans l’espace privé est aussi fondamental que celui des religions dans l’espace public. Contrairement à ce que l’on croit et à ce que l’on dit trop souvent, les droits de l’homme ne garantissent pas seulement la liberté individuelle et l’ordre collectif. Ce ne sont pas uniquement des règles de conduite extérieure car ils touchent l’intériorité de l’être humain ; ils suscitent dans l’être un perfectionnement. Dans la pratique de la foi, les droits de l’homme régissent la vie intérieure en plus de la vie sociale : ce sont des principes de sagesse spirituelle de portée universelle que les religions doivent contribuer à révéler.


faire un commentaire [En quoi les religions peuvent-elles aider leurs fidèles à mieux appliquer les droits de l’homme ?]
Modifier l’article id :104
En quoi les religions peuvent-elles aider leurs fidèles à mieux appliquer les droits de l’homme ?
En quoi les religions peuvent-elles aider leurs fidèles à mieux appliquer les droits de l’homme ?

