mercredi 16
novembre 2011
posté le 16/11/2011 par Mohammed Hicham alias mbh
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
Courbevoie, Eglise évangélique luthérienne – 14, rue Kilford
Les communautés participant au Cieux de Courbevoie, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Prière et PaixDe 19h45 à 20h, Rose Bacot interviendra, en prélude à cette rencontre intercommunautaire, avec un psaume dit en français et en hébreu accompagné à la clarinette klezmer. Elle livrera un court témoignage sur sa démarche : elle se positionne résolument dans la sphère de l’interculturel et de l’interreligieux. (l’église Saint Merri de Paris l’a accueillie le 26 octobre dans le cadre de la Nuit interreligieuse de prière pour la Paix.)
Pour en savoir plus : www.laclarinetteconte.com et 06 87 44 65 10
Thème
Prière et Paix
A l’invitation de
• André Lazérus, Pasteur de l’Eglise évangélique luthérienne
• Alexandre vigne, Président de Cieux
Intervenants
• Pasteur André Lazérus, Pasteur de l’église évangélique luthérienne
• Père Guy Rondepierre, Curé de St Pierre et St Paul de Courbevoie
• Mohammed Hicham, Président de l’association des Musulmans de Courbevoie
• Hatim Achihan, Imam de l’association des Musulmans de Courbevoie
• Salomon Sebbag, Président de la communauté juive de Courbevoie-La Garenne-Colombes
• Rabbin Alain Cohen, Rabbin de la communauté juive de Courbevoie-La Garenne-Colombes
• Michel Anglarès, curé de Saint Adrien de Courbevoie
Communications de la communauté
— civique
—
Les communautés participant au Cieux de Courbevoie, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Prière et Paix
De 19h45 à 20h, Rose Bacot interviendra, en prélude à cette rencontre intercommunautaire, avec un psaume dit en français et en hébreu accompagné à la clarinette klezmer. Elle livrera un court témoignage sur sa démarche : elle se positionne résolument dans la sphère de l’interculturel et de l’int...
Communications de la communauté [civique]
Messieurs les responsables religieux et associatifs,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d’abord présenter à tous les responsables religieux et associatifs présents ce soir les amitiés de Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, qui a déjà eu l’occasion d’apporter son soutien à votre démarche.
Lorsque Monsieur le Maire m’a transmis l’invitation d’Alexandre Vigne à cette deuxième rencontre interreligieuse et laïque de Courbevoie, je me suis réjoui de pouvoir être parmi vous. D’aune part, parce que votre association porte un très beau nom, ces « cieux [qui] sont comme un livre où tout homme peut lire » selon les mots du poète Leconte de Lisle ! D’autre part, parce que c’est une initiative que je trouve particulièrement intéressante et nécessaire. Intéressante, parce que je fais partie de ceux, nombreux, qui sont restés fidèles à l’esprit de la loi sur la laïcité de 1905, une laïcité ouverte qui ne vise pas à restreindre la place de la religion dans le débat public, mais qui établit une indépendance réciproque entre l’Etat et les cultes. L’Etat n’en favorise aucun, et est garant de la liberté religieuse, y compris dans son expression publique, dans le respect bien sûr des lois de la République.
Cette expression, cette idée que les cultes ont tous à apporter à la vie de la Cité, c’est ce que vous matérialisez par vos débats. Et vous le matérialisez ensemble, suivant la formule de Jaurès : « permettre à des gens qui ne tomberont jamais d’accord de tout de même vivre ensemble. » Voici l’enjeu : le dialogue n’est pas l’effacement des différences, il est au contraire la conscience des différences, et donc la recherche de ce qui rassemble, des points de convergence et du cadre commun à construire.
Ce cadre commun, vous l’affichez très clairement ce soir, c’est celui de la tolérance, c’est celui de la paix. C’est en cela que votre initiative est nécessaire. Car nous savons bien que la paix est un état fragile, qu’elle demeure un état transitoire, qu’elle reste un objectif. Notre monde connaît encore des tensions interétatiques, des tensions infra étatiques, des tensions confessionnelles, des tensions communautaires. Plus que jamais, la paix reste un objectif puissant ; il est l’objectif de ceux qui agissent pour elles dans des négociations internationales, ou bien à des échelles plus petites pour garantir sans heurts la cohésion de la société, il est aussi l’objectif de ceux qui s’y engagent matériellement, sur le terrain, parfois au péril de leur vie, il est l’objectif de ceux qui, par leur autorité morale, intellectuelle, spirituelle ou religieuse, appellent à la paix. Parmi les moyens qu’ils ont à leur disposition, il y a une autre force, celle de la prière publique et collective en faveur de la paix, des prières qui existent dans toutes les religions principales. C’est une force réelle, même si on ne croit pas à sa vertu transcendante. Et si l’on est croyant, on croit aussi à la force de la prière à titre individuel pour la paix.
Alors oui, je vous avoue que quand j’ai lu le titre du débat de ce soir, je me suis interrogé sur la pertinence de mon intervention sur ce thème. A titre personnel, je suis capable de disserter sur prière et paix, mais je n’aurais pas osé le faire devant les responsables religieux présents ici ce soir, qui le feront bien mieux que moi. Mais en tant qu’élu de la République, que puis-je dire de la prière et de la paix ? Nous ne sommes pas aux Etats-Unis, où la prière des responsables publiques, quelle que soit leur religion, est courante. Nous ne sommes plus au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, où il existait des « prières républicaines » adressées d’abord à l’Etre suprême, puis à la République elle-même personnifiée. Pourtant, l’homme politique qui travaille à la paix croit lui aussi en un principe transcendant, car il ne se fonde pas sur ses seules convictions personnelles, mais bien sur une conviction que son devoir, sa responsabilité eu égard à l’intérêt général (une notion qui subsume l’addition des intérêts particuliers) lui commandent de rechercher un but, la paix.
Ce but qui nous semble évident ne l’a pas toujours été. Car la paix a longtemps été considérée comme un temps entre deux guerres, ou bien encore comme une vertu de certains Etats. L’idée d’une paix universelle est une nouveauté au XVIIIe siècle, qui suscita d’ailleurs des railleries de philosophes aussi éclairés que Voltaire. Kant, en 1795, écrit son Projet de paix perpétuelle qui donne aux hommes le devoir de réaliser la paix conformément à la raison. On passe donc de l’idée de cessation temporaire des hostilités à l’idée d’une paix perpétuelle comme universelle, une paix fondée sur la raison et le droit, droit des citoyens de chaque Etat, rassemblement des Etats libres, et mise en place d’un droit international. Cette évolution qu’a connue la paix sur le plan philosophique, c’est aussi l’idéal qui se matérialisera sur le plan politique au fur et à mesure de la structuration du droit, notamment international, jusqu’à l’idée de paix universelle qui est le fondement de la Société des nations puis de l’Organisation des Nations unies, pour laquelle on invente l’oxymore révélateur de soldats de la paix. Et l’on peut constater que l’Union européenne répond aux critères kantiens de la paix. Cette évolution, les institutions religieuses l’ont également connue. Nous le savons bien, si la religion en elle-même n’incite pas à la guerre, il n’en fut pas de même au long de l’histoire de ses représentants sur terre, qui pouvaient considérer que l’extension de leur paix, de leur religion, n’était pas la guerre. Et nous voyons d’ailleurs, en un sens, que la séparation de l’Eglise et de l’Etat a permis de mettre fin à cet amalgame et a renforcé les religions dans leur rôle de vigies de la paix, parfois critiques envers les gouvernements. Aujourd’hui, je crois que nous avons une, même si nous savons très bien que dans certains pays, la religion est encore mise au service d’une rhétorique guerrière, de rejet de l’altérité. Ce sont des tendances qui existent dans toutes les religions, des tendances que nous devons combattre.
Cette évolution que je vous ai décrite, est-elle, malgré les soubresauts que j’ai évoqués, inéluctable. Peut-on dire qu’il existe un progrès humain, moral, et spirituel autant que biologique, celui dont parlait le Père Teilhard de Chardin ? Existerait-il alors une évolution naturelle de l’homme vers la paix ? Et le sens de l’Histoire nous conduit-il à la cohabitation pacifiste dans le cadre démocratique ? Autant de questions dont nous pouvons débattre, mais dont nous avons finalement la réponse : nous sommes tous acteurs de cette histoire, nous sommes tous capables de participer par nos actions, mais aussi nos intercessions – à ce grand mouvement vers la paix.
« La véritable paix suppose un courage qui dépasse celui de la guerre, disait Ernst Jünger, elle est activité créatrice, énergie spirituelle. » Je suis donc heureux que les communautés religieuses de Courbevoie mettent leur énergie au service de la paix. Nous savons que leurs lieux de prière seront des lieux de paix, et c’est pourquoi nous sommes attachés à ce que les communautés, toutes les communautés, puissent avoir des lieux propres qui soient le signe de leur place dans la Cité, et de puissants vecteurs de paix et de partage pour tous.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d’abord présenter à tous les responsables religieux et associatifs présents ce soir les amitiés de Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, qui a déjà eu l’occasion d’apporter son soutien à votre démarche.
Lorsque Monsieur le Maire m’a transmis l’invitation d’Alexandre Vigne à cette deuxième rencontre interreligieuse et laïque de Courbevoie, je me suis réjoui de pouvoir être parmi vous. D’aune part, parce que votre association porte un très beau nom, ces « cieux [qui] sont comme un livre où tout homme peut lire » selon les mots du poète Leconte de Lisle ! D’autre part, parce que c’est une initiative que je trouve particulièrement intéressante et nécessaire. Intéressante, parce que je fais partie de ceux, nombreux, qui sont restés fidèles à l’esprit de la loi sur la laïcité de 1905, une laïcité ouverte qui ne vise pas à restreindre la place de la religion dans le débat public, mais qui établit une indépendance réciproque entre l’Etat et les cultes. L’Etat n’en favorise aucun, et est garant de la liberté religieuse, y compris dans son expression publique, dans le respect bien sûr des lois de la République.
Cette expression, cette idée que les cultes ont tous à apporter à la vie de la Cité, c’est ce que vous matérialisez par vos débats. Et vous le matérialisez ensemble, suivant la formule de Jaurès : « permettre à des gens qui ne tomberont jamais d’accord de tout de même vivre ensemble. » Voici l’enjeu : le dialogue n’est pas l’effacement des différences, il est au contraire la conscience des différences, et donc la recherche de ce qui rassemble, des points de convergence et du cadre commun à construire.
Ce cadre commun, vous l’affichez très clairement ce soir, c’est celui de la tolérance, c’est celui de la paix. C’est en cela que votre initiative est nécessaire. Car nous savons bien que la paix est un état fragile, qu’elle demeure un état transitoire, qu’elle reste un objectif. Notre monde connaît encore des tensions interétatiques, des tensions infra étatiques, des tensions confessionnelles, des tensions communautaires. Plus que jamais, la paix reste un objectif puissant ; il est l’objectif de ceux qui agissent pour elles dans des négociations internationales, ou bien à des échelles plus petites pour garantir sans heurts la cohésion de la société, il est aussi l’objectif de ceux qui s’y engagent matériellement, sur le terrain, parfois au péril de leur vie, il est l’objectif de ceux qui, par leur autorité morale, intellectuelle, spirituelle ou religieuse, appellent à la paix. Parmi les moyens qu’ils ont à leur disposition, il y a une autre force, celle de la prière publique et collective en faveur de la paix, des prières qui existent dans toutes les religions principales. C’est une force réelle, même si on ne croit pas à sa vertu transcendante. Et si l’on est croyant, on croit aussi à la force de la prière à titre individuel pour la paix.
Alors oui, je vous avoue que quand j’ai lu le titre du débat de ce soir, je me suis interrogé sur la pertinence de mon intervention sur ce thème. A titre personnel, je suis capable de disserter sur prière et paix, mais je n’aurais pas osé le faire devant les responsables religieux présents ici ce soir, qui le feront bien mieux que moi. Mais en tant qu’élu de la République, que puis-je dire de la prière et de la paix ? Nous ne sommes pas aux Etats-Unis, où la prière des responsables publiques, quelle que soit leur religion, est courante. Nous ne sommes plus au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, où il existait des « prières républicaines » adressées d’abord à l’Etre suprême, puis à la République elle-même personnifiée. Pourtant, l’homme politique qui travaille à la paix croit lui aussi en un principe transcendant, car il ne se fonde pas sur ses seules convictions personnelles, mais bien sur une conviction que son devoir, sa responsabilité eu égard à l’intérêt général (une notion qui subsume l’addition des intérêts particuliers) lui commandent de rechercher un but, la paix.
Ce but qui nous semble évident ne l’a pas toujours été. Car la paix a longtemps été considérée comme un temps entre deux guerres, ou bien encore comme une vertu de certains Etats. L’idée d’une paix universelle est une nouveauté au XVIIIe siècle, qui suscita d’ailleurs des railleries de philosophes aussi éclairés que Voltaire. Kant, en 1795, écrit son Projet de paix perpétuelle qui donne aux hommes le devoir de réaliser la paix conformément à la raison. On passe donc de l’idée de cessation temporaire des hostilités à l’idée d’une paix perpétuelle comme universelle, une paix fondée sur la raison et le droit, droit des citoyens de chaque Etat, rassemblement des Etats libres, et mise en place d’un droit international. Cette évolution qu’a connue la paix sur le plan philosophique, c’est aussi l’idéal qui se matérialisera sur le plan politique au fur et à mesure de la structuration du droit, notamment international, jusqu’à l’idée de paix universelle qui est le fondement de la Société des nations puis de l’Organisation des Nations unies, pour laquelle on invente l’oxymore révélateur de soldats de la paix. Et l’on peut constater que l’Union européenne répond aux critères kantiens de la paix. Cette évolution, les institutions religieuses l’ont également connue. Nous le savons bien, si la religion en elle-même n’incite pas à la guerre, il n’en fut pas de même au long de l’histoire de ses représentants sur terre, qui pouvaient considérer que l’extension de leur paix, de leur religion, n’était pas la guerre. Et nous voyons d’ailleurs, en un sens, que la séparation de l’Eglise et de l’Etat a permis de mettre fin à cet amalgame et a renforcé les religions dans leur rôle de vigies de la paix, parfois critiques envers les gouvernements. Aujourd’hui, je crois que nous avons une, même si nous savons très bien que dans certains pays, la religion est encore mise au service d’une rhétorique guerrière, de rejet de l’altérité. Ce sont des tendances qui existent dans toutes les religions, des tendances que nous devons combattre.
Cette évolution que je vous ai décrite, est-elle, malgré les soubresauts que j’ai évoqués, inéluctable. Peut-on dire qu’il existe un progrès humain, moral, et spirituel autant que biologique, celui dont parlait le Père Teilhard de Chardin ? Existerait-il alors une évolution naturelle de l’homme vers la paix ? Et le sens de l’Histoire nous conduit-il à la cohabitation pacifiste dans le cadre démocratique ? Autant de questions dont nous pouvons débattre, mais dont nous avons finalement la réponse : nous sommes tous acteurs de cette histoire, nous sommes tous capables de participer par nos actions, mais aussi nos intercessions – à ce grand mouvement vers la paix.
« La véritable paix suppose un courage qui dépasse celui de la guerre, disait Ernst Jünger, elle est activité créatrice, énergie spirituelle. » Je suis donc heureux que les communautés religieuses de Courbevoie mettent leur énergie au service de la paix. Nous savons que leurs lieux de prière seront des lieux de paix, et c’est pourquoi nous sommes attachés à ce que les communautés, toutes les communautés, puissent avoir des lieux propres qui soient le signe de leur place dans la Cité, et de puissants vecteurs de paix et de partage pour tous.
affiche_courbevoie_1.pdf [133 Ko]

