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mercredi 2
novembre 2011
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Cieux de paris 10ème : dialogue inter-religieux et laïque
Paris 10ème, Temple Bouddhiste Kalachakra – 5 passage Delessert
Les communautés participant au Cieux de paris 10ème, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Comment chaque famille spirituelle considère t’elle la fin de vie ?
Thème
Comment chaque famille spirituelle considère t’elle la fin de vie ?

A l’invitation de
Vénérable Elizabeth Drukier, Présidente du Temple Kalachakra
Alexandre Vigne, Président de Cieux

Intervenants
Vénérable Elizabeth Drukier, Présidente du Temple Kalachakra
Pasteur Corinne Akli, Temple réformé de la Rencontre
Père Philippe Christory, Curé de Saint Laurent
Pasteur Gilbert Djeyoulou, Pasteur de l’Eglise Evangélique Protestante
Cheikh Mehdi Tahar, Imam de la mosquée Ali
Nour Eddine Al hadi, Coordinateur des mosquées du 10è
Jacques-Yves Bohbot, Vice-président du Consistoire

Communications de la communauté
— bouddhique
Les communautés participant au Cieux de paris 10ème, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Comment chaque famille spirituelle considère t’elle la fin de vie ?


Communications de la communauté [bouddhique]
La fin de vie
Pour un bouddhiste la mort n’est pas une fin mais la conséquence d’une transformation perpétuelle. Un pratiquant se doit de penser activement à la mort et à s’y préparer et il trouvera la paix, l’épanouissement et le bonheur dans sa vie courante et la peur de la mort disparaitra.
Se rappeler de la mort permet de donner un sens profond à la vie. De son caractère fragile et précieux et utile de notre mission en tant qu’humain de se tourner vers les autres.
Se rappeler la mort empêche la procrastination.
D’autre part l’imminence de la mort et son caractère inéluctable nous centre sur l’essentiel de la vie, abandonnant les plaisirs mondains et nous recentre sur la pratique.

La tradition bouddhique tibétaine donne des enseignements détaillés sur la mort, sous tous les angles imaginables expliquant le processus de la mort ce qui se passe après la mort, comment se préparer à la mort.
La manière dont nous mourrons dépend de la manière dont nous avons vécu. Si notre attitude devant la mort reste positive et sereine ce sera le résultat d’une vie optimiste faite de bonté et de gentillesse envers les autres.
Tant que nous sommes vivants notre corps et notre esprit sont dans une relation d’interdépendance :ce qui se passe dans notre esprit affecte notre corps et vice versa. Ce point de vue a été confirmé par les dernières recherches sur les effets des émotions sur la santé et la durée de la vie. Mais cette relation corps esprit est transitoire et se termine à la mort.
La mort est le moment où l’esprit se sépare du corps. Le corps est abandonné pour être laissé derrière et est enterré ou incinéré, et l’esprit qui ne meurt jamais poursuit son cheminement, se relie à un nouveau corps et commence une nouvelle vie.
Ainsi la mort n’est pas un point final mais plutôt une porte d’entrée sur une nouvelle vie.
D’une vie à l’autre ce qui passe n’est pas une identité ni une âme fixe mais un courant de conscience chargé d’empreinte de ce que nous avons fait dans notre vie. Ces empreintes définissent les expériences que nous vivrons dans le futur.

Le statut de la vie future dépend donc des actions créés dans cette vie et dans les vies antérieures et plus particulièrement des dernières pensées. Donc l’entourage d’un mourant essaiera de créer un environnement propice à ce que le mourant est un esprit vertueux.
Un grand pratiquant s’exercera pendant sa vie à faire ce passage par des méditations tantriques et il gardera le contrôle de son passage dans l’état intermédiaire et la renaissance, il pourra même choisir sa renaissance pour continuer à être bénéfique aux êtres.
Son entourage laissera le mourant méditer sans bouger son corps pendant plusieurs jours.
La crémation suivra les cendres seront placés dans des objets saints.
Les stoupas
Les tsas tsas
Sur des terres ou rivières bénies lieux de pèlerinage comme Bodhgaya en Inde là ou le Bouddha historique trouva l’Eveil.
Puis des cérémonies de soutien seront faites à chaque étapes de l’état intermédiaire et plus particulièrement au sortir de l’état intermédiaire, le 49ème jour.
Astrologie divination et recherches permettront de localiser la personne qui renait pour lui donner une éducation spécifique.
— protestante
Les communautés participant au Cieux de paris 10ème, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Comment chaque famille spirituelle considère t’elle la fin de vie ?


Communications de la communauté [protestante]
Vie et mort pour les Protestants
C. Akli 1er novembre 2011


Que se passe t’il quand on est mort ?
L’au-delà n’est pas une question majeure de la théologie protestante. Ce que Dieu peut et veut faire ou non, Jean Calvin pensait que nous n’avions pas à nous en mêler « ce serait témérité de vouloir entrer en son conseil. » Dieu est au ciel et il est seul. Pour les protestants il n’y a personne d’autre au ciel que le Dieu unique, père, fils et esprit. Pas d’anges, pas de saints, par d’intercesseur. On les nomme « les tutoyeurs de Dieu » parce qu’ils ne prient que Dieu sans aucun médiateur. Le protestant se sait sauvé par l’obéissance et la mort du Christ qui a acquitté la rançon en échangeant sa vie contre la sienne.
Il vit en se sachant gracié, racheté, cette grâce imméritée lui permet d’appuyer sa fragilité sur le roc : la volonté incompréhensible de Dieu et son amour incommensurable. Nous ne recevons qu’une seule vie dont la durée est limitée et dont la fin est inconnue, inéluctable, irrémédiable et définitive. C’est le Seigneur qui donne, c’est le Seigneur qui reprend. Le fidèle élu, vit paisiblement dans la Providence de Dieu, il ne craint rien ni personne, sachant que rien n’empêchera le “Seigneur Tout-Puissant” de mener l’histoire à son terme, la restauration définitive de l’homme “dans la plénitude de Dieu”. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ... rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu » (Romains 8)

L’au-delà n’est pas un thème majeur de la théologie protestante. Il n’y a aucun rite à opérer pour le corps du défunt. Pas d’absolution, pas d’extrême onction, pas d’ablution, pas d’objet particulier. La simplicité et la sobriété est requise. Les actes médicaux, laïcs de propreté et d’antisepsie sont respectés. La cérémonie d’enterrement, très réduite au XVIe siècle n’est apparue qu’au XIXe siècle : elle est destinée aux vivants et non au mort. La sépulture des protestants de France a connu bien des vicissitudes jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.

Les Protestants croient à la résurrection.
Dans la Bible, après l’exil des Hébreux à Babylone, l’idée de la résurrection apparaît, sous l’influence perse. La résurrection devient espérance au premier siècle chez une grande partie des Juifs mais elle fait encore débat. Dans le Nouveau Testament, la résurrection de Jésus- Christ a un caractère unique. Mais tandis que certains textes des Evangiles suggèrent une résurrection universelle, d’autres textes évoquent une résurrection des justes ou de ceux qui sont dignes d’y accéder. L’apôtre Paul dans ses épîtres donne beaucoup d’importance à la résurrection. Dans la première épître aux Corinthiens (chapitre 15), la résurrection, entendue comme un retour des défunts à une vie corporelle, est associée à la fin des temps. Ainsi dans la première épître aux Thessaloniciens (chapitre 4), il réconforte ses interlocuteurs dans le deuil : afin que vous ne vous attristiez pas comme les autres, qui n’ont pas d’espérance ... le Seigneur lui-même ... descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ se relèveront d’abord. Ensuite, nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées à la rencontre du Seigneur...

La peur de la mort et du jugement au Moyen-Age
Chez les chrétiens du Moyen Age, la peur de la mort est liée à la perspective du jugement dernier, la vérité de la personne étant alors dévoilée et sanctionnée. A partir du XVe, la danse macabre est un thème fréquent de peinture sur les murs des églises, des chapelles et surtout des galeries entourant les cimetières : la mort, représentée par un squelette, entraîne des gens de tous âges et de toutes conditions dans une ronde frénétique. Ces peintures reflètent l’atmosphère d’angoisse qui règne à cette époque. En effet l’Europe avait connu, outre la famine et la guerre, de terribles épidémies de peste, notamment au XIVe siècle.
De nombreuses scènes de jugement dernier, présidées par le Christ, sont représentées au tympan des Eglises romanes et gothiques.
C’est le jugement qui décide de la destination après la mort : — le paradis où vont ceux qui sont dignes d’être sauvés, — l’enfer pour ceux qui ont « mérité » la damnation, — le purgatoire qui permet à ceux qui ne sont pas damnés, mais qui ne sont pas dignes du paradis, de se purifier en attendant d’y entrer (doctrine du concile de Lyon en 1274). Pour racheter leurs fautes et assurer leur salut personnel, certains entreprennent des pèlerinages dans des lieux éloignés, notamment à Jérusalem, à Rome, à Saint-Jacques-de- Compostelle, s’exposant aux risques de longs et dangereux voyages .
Pour abréger la durée du séjour au purgatoire, l’Eglise propose, en plus des messes, des indulgences et va jusqu’à les mettre en vente, pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome. C’est un élément déclencheur de la Réforme.

La Réforme et l’au-delà
En réaction contre la doctrine catholique
du salut par les œuvres, la Réforme proclame la gratuité du salut qui vient de Dieu et qui ne dépend en rien du mérite. Nous n’avons rien à prouver. De même, en invoquant la gratuité du salut, les réformateurs refusent le purgatoire qui n’a aucune référence biblique. Pour eux, la vie présente a pour but de manifester le salut que Dieu nous accorde en Jésus Christ. Ainsi les œuvres peuvent être fondées sur la reconnaissance envers Dieu qui sauve et non pas effectuées dans l’espoir d’une rétribution divine. Luther propose une interprétation de l’au-delà : soit la communion avec Dieu soit la séparation d’avec Dieu et ceci dès la vie terrestre. Luther est très réservé sur l’immortalité de l’âme. Calvin au contraire considère que l’éternité de l’âme est le propre de l’homme, ce qui le distingue des animaux. Les deux réformateurs ont cependant bien conscience que les mots qu’ils utilisent pour parler de l’au-delà sont des images et ne fournissent pas un savoir sur la vie éternelle. En tout cas pour Luther comme pour Calvin, les spéculations sur ce qui arrive après la mort ne doivent pas nous détourner des tâches présentes. L’Evangile ne nous est pas donné pour satisfaire notre curiosité mais pour nous placer dans la lumière des promesses qui l’éclairent. Aujourd’hui la majorité des pasteurs luthériens et réformés annoncent la grâce de Dieu pour tous, tandis que la déclaration de foi de l’Alliance évangélique proclame la résurrection de tous pour le jugement ou pour la vie.

L’enterrement chez les protestants
Au XVI° siècle, Luther rejette l’extrême onction et toute cérémonie entourant la mort au motif que le Christ n’a institué que deux sacrements (baptême et sainte cène) et seulement pour les vivants. La Réforme transforme ainsi l’attitude devant la mort : les défunts étant dans la main de Dieu, il est impossible pour les vivants d’influencer le sort des morts et il n’y a pas lieu de prier pour eux. La mort et l’enterrement se placent en dehors de l’Eglise. Le pasteur ne doit même pas être présent à l’enterrement. Le lieu et le mode d’ensevelissement est indifférent. Plus sévères encore que les luthériens dans leur rejet des pratiques catholiques, les réformés vont jusqu’à interdire l’éloge du défunt. Calvin exigera d’être enterré dans un lieu ignoré de tous. La Discipline ecclésiastique de Calvin dispose que le pasteur ne fait aucune prière ou prédication pendant les enterrements et les cloches ne doivent pas sonner, ceci pour prévenir toute superstition. Seule est autorisée une prière au temple au retour du cimetière.
Au XVIIe siècle, le pasteur Charles Drelincourt (1595-1669) refusait même le deuil parce qu’il le considérait comme une attitude trop mondaine. Sous la pression des familles et pour éviter des conversions au catholicisme, une évolution s’est produite à la fin du XIX° siècle : depuis cette époque, les pasteurs président les cultes de service funèbre au temple, ou dans un autre lieu, mais ces services s’adressent aux vivants, ils ont pour but d’annoncer l’Evangile en vue de la consolation des affligés, de l’édification de l’Eglise et de l’évangélisation. On ne prie pas pour le mort, on s’en remet à Dieu avec une totale confiance. Les zones d’ombre, les doutes et les échecs de celui qui a quitté la vie sont remis à la compassion de Dieu et à son amour. La cérémonie dite « service d’actions de grâce » est toujours très demandée, même dans les familles peu pratiquantes. Il ne doit pas y avoir de panégyrique du défunt mais, très souvent, des membres de la famille et des amis apportent leur témoignage pendant la cérémonie.
Celle-ci se déroule en général, mais pas toujours, en présence du corps du défunt. Dans certains lieux du Languedoc et des Cévennes, le cercueil n’est pas admis dans les temples réformés. Ce principe est toujours en vigueur à Nîmes mais le conseil presbytéral peut accorder des dérogations. L’inhumation au cimetière a lieu en présence du pasteur. Elle peut précéder le service au temple ou lui succéder.
Aujourd’hui, l’Eglise ne refuse pas son assistance à ceux qui la demandent dans le deuil. Les statistiques de l’Eglise réformée de France révèlent d’ailleurs une proportion importante de célébrations de services demandés par les familles pour des non protestants.

Les lieux d’enterrement des protestants
En France dans la deuxième moitié du XVI° siècle, les enterrements des protestants ne sont plus possibles dans la terre « sacrée » des cimetières et même dans les terrains les jouxtant. L’Edit d’Amboise en 1562 leur impose l’enterrement de nuit, c’est-à-dire à la pointe du jour ou au couchant. (Angélus du soir) L’édit de Nantes en 1598 accorde officiellement aux protestants des lieux pour installer leurs cimetières dans lesquels ils ont le droit d’enterrer leurs morts de jour. Trois cimetières protestants sont officiellement utilisés à Nîmes.
Mais en 1685, quelques mois avant la Révocation de l’édit de Nantes, un arrêt du Conseil d’Etat interdit aux réformés d’avoir des cimetières dans les lieux où le culte n’est plus exercé et, à partir de la Révocation, le culte est interdit partout et par conséquent aussi l’enterrement des pratiquants de « la religion prétendue réformée » : ils sont réputés ne plus exister dans le royaume de France. Les cimetières de Nîmes sont repris par les catholiques en 1688. Pendant la période qui suit la Révocation, l’Eglise du Désert cherche des endroits d’inhumation pour éviter que les corps soient jetés à la voirie. C’est dans la clandestinité que les protestants doivent enterrer leurs morts. Les protestants des villes utilisent les caves de leurs maisons ou leurs jardins, tandis que dans les propriétés rurales un champ est consacré à l’ensevelissement, d’où la multitude de petits cimetières privés dans les Cévennes, le Languedoc et le Poitou, d’ailleurs encore en usage aujourd’hui. (un grand nombre de cyprès sont plantés sur ces tombes anonymes) En 1736 il est institué une procédure devant le juge permettant l’inhumation des réformés. Dans cette procédure laïque, le curé, qui avait jusque-là le monopole de l’état civil, n’intervient plus : les registres sont tenus et le roi pouvait ainsi savoir qui mourrait dans son royaume et vérifier les conditions d’inhumation. En 1776, pour des raisons de salubrité publique, des lettres patentes du roi imposent le transfert des cimetières hors des agglomérations. L’édit de tolérance de 1787 permet à nouveau aux protestants d’enterrer leurs morts dans des cimetières. Les municipalités doivent fournir un cimetière aux sujets non catholiques, et des cimetières protestants peuvent à nouveau être créés. Aujourd’hui les protestants sont enterrés dans les cimetières municipaux et dans les quelques cimetières protestants qui existent ainsi que dans les tombes privées des propriétés. La pratique de la crémation est en progression chez les protestants comme dans l’ensemble de la population.

Le deuil
La mort imprévue d’un être cher, un accident sérieux, une maladie grave ou une tragédie dans notre environnement viennent nous rappeler que nous pouvons mourir à tout moment, que notre vie pourrait être radicalement écourtée ou soudainement changée de façon drastique. Chaque décès, chaque mort d’un ami ou d’un proche nous rappelle que notre vie est éphémère. Nous devenons alors plus intensément vivants et plus sensibles à ce qui est le plus important dans notre vie. Nos priorités changent pour donner plus d’importance à ce qui nous semble essentiel.
Comme nous n’avons qu’une seule vie qui prend nécessairement fin par une mort imprévisible et irrémédiable, nous demandons à Dieu de nous enseigner à bien compter nos jours, à ne pas prendre la vie à la légère. Les paraboles de Jésus comme les vierges sages, l’homme riche et Lazare, l’homme aux greniers (...) nous alertent sur le fait qu’un jour il sera trop tard, et que notre vie se joue ici et maintenant. C’est aujourd’hui qu’il nous faut trouver des oreilles qui entendent, des mains qui s’ouvrent, des cœurs qui aiment. D’où un certain sérieux des protestants que l’on dit austères. Chaque deuil nous rappelle que nous avons une mission à accomplir sur cette terre et que nous ne devrions pas remettre au lendemain ce que nous pouvons faire aujourd’hui. Nous ne voulons pas quitter cette vie en regrettant de n’avoir pas eu le temps d’accomplir notre pleine vocation. Si nous sommes sur la terre, c’est pour y semer le bonheur (Aïda) et poursuivre l’œuvre créatrice de Dieu. La mort des autres nous permet de jeter un regard plus critique sur les « urgences » auxquelles nous consacrons notre temps, et de nous occuper davantage de ce qui nous importe le plus: notre famille, notre bonheur, nos valeurs, le plaisir que nous prenons à vivre, etc. En gardant conscience que notre vie est limitée dans le temps, nous devenons moins insouciants, nous nous sentons plus responsables des autres et nous goûtons chaque matin le plaisir de vivre.

Prendre la mort au sérieux
Ce n’est pas rien, on n’est pas seulement passé de l’autre côté de la pièce, derrière le rideau, il y a une frontière infranchissable entre le monde des morts et le monde des vivants. La mort est radicale et définitive. Nous nous interdisons d’essayer de garder le contact avec les personnes disparues.
En cherchant à communiquer avec des personnes décédées, on a l’illusion de neutraliser la mort de deux façons à la fois. Non seulement on attribue une vie quelconque au disparu afin qu’il puisse nous répondre ou nous interpeller, mais en plus on transgresse la frontière entre les vivants et l’au-delà par une communication directe.
Nous ne parlons ni à nos ancêtres, ni à des saints ou des intercesseurs. Le ciel est vide, Dieu seul y règne et nous n’y avons pas accès. Nous laissons nos morts dans la paix des morts, il ne peut plus rien leur arriver. Ils sont rangés. Ils attendent comme nous le son de la trompette où Dieu relèvera tous les défunts et les fera entrer dans la joie de son royaume.

Prendre la vie au sérieux
Cette attitude face à la mort entraine évidemment une attitude éthique existentielle : prendre soin de la vie, la sienne, celle des autres. Se battre contre la mort jusqu’au bout : La personne fait tout ce qu’elle peut pour vaincre une maladie mortelle et faire mentir les statistiques médicales. Cette personne ne fait que son devoir fondamental d’être vivant: chercher à protéger et maximiser sa vie autant qu’elle le peut dans les conditions où elle se trouve. Accepter l’épreuve, la souffrance dans la confiance, utiliser tous les moyens de la science pour alléger la peine et la pénibilité des infirmités, accueillir chacun-e comme un don de Dieu quelles que soient sa couleur de peau ou de passeport, son état de santé, ses défauts psychiques ou physiques.
mercredi  2 novembre 2011mercredi 2 novembre 2011
à partir de 15 h 00 jusqu’à 17 h 00à partir de 15 h 00 jusqu’à 17 h 00
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