mercredi 15
juin 2011
posté le 17/6/2011 par Mohammed Hicham alias mbh
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
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Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
Cieux de Courbevoie : dialogue inter-religieux et laïque
Courbevoie, salle des fêtes du stade du stade municipal – avenue Aristide Briand
Les communautés participant au Cieux de Courbevoie, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Aveuglement-Fraternité : Quel est l’apport des religions dans notre cité ?Thème
Aveuglement-Fraternité Quel est l’apport des religions dans notre cité ?
A l’invitation de
• Jacques Kossowski, Député-Maire de Courbevoie
• Alexandre Vigne, Président de Cieux
• et de la communauté civique de Courbevoie
Intervenants
• Jacques Kossowski, Député-Maire de Courbevoie
• Salomon Sebbag, Président de la communauté juive de Courbevoie-La Garenne-Colombes
• Rabbin Alain Cohen, Rabbin de la communauté juive de Courbevoie-La Garenne-Colombes
• Hatim Achihan, Imam de l’association des Musulmans de Courbevoie
• Père Guy Rondepierre, Curé de St Pierre et St Paul de Courbevoie
• Pasteur André Lazérus, Pasteur de l’église évangélique luthérienne
Un verre de l’amitié conclura la rencontre
Communications de la communauté
— catholique
—
Les communautés participant au Cieux de Courbevoie, dialoguent avec les personnes de bonne volonté, croyantes, agnostiques ou athées sur le thème : Aveuglement-Fraternité : Quel est l’apport des religions dans notre cité ?
Communications de la communauté [catholique]
Dialogue inter religieux et laïque
Courbevoie le 15 juin 2011
Père Guy Rondepierre, Curé de St Pierre et St Paul de Courbevoie
Nous nous sommes réunis, le semaine dernière, un certain nombre de chrétiens, pour préparer cette réunion.
Ce fut un bon moment de partage et de connaissance mutuelle.
Les uns ont dit qu’ils n’avaient pas beaucoup d’occasions de rencontres inter religieuses et qu’ils les souhaitaient. D’autres, par leur profession, parfois aux quatre coins du monde, ont eu bien des occasions de rencontres mais souhaitaient aussi découvrir comment ici, à Courbevoie, on pouvait le faire. D’autres encore avaient une certaine expérience associative qui les avait mis en relations avec des migrants et étaient heureux de poursuivre sur un autre mode ces relations.
Donc de la part de chacun le désir de connaître, de rencontrer, de comprendre, de s’apprécier.
Avec forcément quelques inquiétudes : comment se reconnaître proches et différents ?
Les deux mots, « Fraternité et Aveuglement » nous ont un peu désorientés. Dans un premier temps ils nous ont conduits à dire les difficultés de la fraternité plus que les richesses. Il est tellement facile de refuser de voir ce qui nous unit, ou de ne voir dans les différences que des antagonismes. Il y a eu un moment où il nous a fallu réagir. Nous n’avons pas que des frères ennemis, ou des frères inconnus, dans la vie !
La Bible nous raconte l’histoire d’un certain nombre de fratries.
Caïn le cultivateur qui tue Abel l’éleveur.
Un fils de Noé qui se moque de la nudité de son père et ses deux frères qui la cachent.
Joseph abandonné par ses frères mais qui deviendra leur sauveur.
Léa et Rachel, les deux sœurs concurrentes pour le même époux.
Dans le Nouveau Testament :
Pierre et André, les apôtres qui s’appellent mutuellement.
Jacques et Jean, qui s’allient pour conquérir la première place auprès du Maître.
Marthe l’active et Marie la pleureuse avec leur frère Lazare.
Les deux frères de la parabole : le prodigue qui a dilapidé sa part d’héritage et celui qui n’a jamais quitté son père et qui refuse de revoir son frère quand celui-ci rentre à la maison.
Bref ceux qui marchent bien ensemble, ceux qui complotent, ceux qui se jalousent, ceux qui se tuent, ceux qui se rachètent. La fraternité est riche et difficile.
Ce que nous savons déjà bien par ailleurs.
Dans l’évangile, Jésus, fidèle en cela à la loi mosaïque, nous appelle à aimer : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Alors ses adversaires lui posent la question : « Qui est mon prochain ? » Qui est mon prochain, n’est-ce pas une question de tous les temps ? Est-il mon frère de sang, mon frère de race, mon frère d’élection ?
Et Jésus répond par une parabole, la parabole du Bon Samaritain : le prochain c’est justement celui que je ne choisis pas, c’est celui que je rencontrerai sur le chemin quand je serai en situation de misère ou celui à qui je tendrai la main quand il en aura besoin. Dans la parabole, le Samaritain c’est l’étranger, celui qui ne participe pas au même culte que moi. Encore faut-il que je ne détourne pas mon regard.
Nous choisissons nos amis, nous ne choisissons pas nos frères.
Notre prochain d’aujourd’hui sera celui que nous n’aurons pas choisi : nos voisins, nos collègues, les parents de l’école de nos enfants, ou celui qui s’assoira à côté de moi à l’église le dimanche.
La tentation est de se replier sur ceux qui nous ressemblent.
Je raconte souvent l’histoire d’une famille que j’avais connue dans une paroisse précédente. Histoire un peu méchante : la maman m’explique que sa fille qui habitait Montrouge allait au lycée à Vanves, mais au conservatoire à Arcueil, chez le dentiste à Bagneux, au sport je ne sais plus où et à la messe sans doute à Paris. Comment cette fille aurait-elle pu alors venir dans mon aumônerie locale ?
Comment, pour ce qui est de nous, dans nos responsabilités, ne pas segmenter notre vie sociale ?
Comment pour ceux qui ont la charge de la vie publique aider chacun à vivre ensemble sur un même territoire ?
J’espère que nos paroisses puissent aider à ce vivre ensemble. La liturgie a pour mission de nous rassembler dans une même confession de foi, certes, mais dans la multiplicité de nos statuts sociaux. Et elle a pour mission de nous renvoyer vers ceux avec lesquels nous vivons. Ite missa est. Allez la messe est dite !
Trois réflexions :
La première :
La mondialisation nous a appris que l’habitant de la plus lointaine contrée est devenu notre prochain dans un monde qui se construit ou pour un monde qui se détruit. Notre Église, parce qu’elle est catholique, c’est-à -dire à la dimension du monde, a une expérience et une exigence très concrètes de ces échanges Nord / Sud / Est / Ouest. J’espère que nous en avons la conscience responsable.
La seconde :
Il nous a été suggéré par l’affaire Abel et Caïn. Dans le texte biblique, Caïn est réprouvé, ce qui semble légitime après son fratricide. Mais le Seigneur Dieu interdit à tout homme de le mettre à mort. Dans le récit biblique, dès la seconde génération de notre humanité, apparaît la loi.
La tradition judéo chrétienne sait qu’il n’y a pas de vie commune sans législation. L’Église est très légitimiste. Ce qui lui a parfois d’ailleurs valu de se tromper. La loi naturelle, la loi évangélique, la loi de l’Église, le respect de la loi civile sont des fondements essentiels, même si la conscience éclairée garde une certaine primauté.
Et la dernière, la plus essentielle :
Nous croyons que nous avons un grand frère, un frère aîné, en la personne de Jésus. Qu’il est modèle de fraternité.
Sa mort pourrait nous condamner une fois pour toutes devant Dieu. Mais il devient, comme Joseph avec ses frères, le rédempteur, celui qui nous fait revivre, celui qui nous remet en communion avec Dieu et avec nos frères les hommes.
C’est à cette fraternité là que nous sommes appelés.
Courbevoie le 15 juin 2011
Père Guy Rondepierre, Curé de St Pierre et St Paul de Courbevoie
Nous nous sommes réunis, le semaine dernière, un certain nombre de chrétiens, pour préparer cette réunion.
Ce fut un bon moment de partage et de connaissance mutuelle.
Les uns ont dit qu’ils n’avaient pas beaucoup d’occasions de rencontres inter religieuses et qu’ils les souhaitaient. D’autres, par leur profession, parfois aux quatre coins du monde, ont eu bien des occasions de rencontres mais souhaitaient aussi découvrir comment ici, à Courbevoie, on pouvait le faire. D’autres encore avaient une certaine expérience associative qui les avait mis en relations avec des migrants et étaient heureux de poursuivre sur un autre mode ces relations.
Donc de la part de chacun le désir de connaître, de rencontrer, de comprendre, de s’apprécier.
Avec forcément quelques inquiétudes : comment se reconnaître proches et différents ?
Les deux mots, « Fraternité et Aveuglement » nous ont un peu désorientés. Dans un premier temps ils nous ont conduits à dire les difficultés de la fraternité plus que les richesses. Il est tellement facile de refuser de voir ce qui nous unit, ou de ne voir dans les différences que des antagonismes. Il y a eu un moment où il nous a fallu réagir. Nous n’avons pas que des frères ennemis, ou des frères inconnus, dans la vie !
La Bible nous raconte l’histoire d’un certain nombre de fratries.
Caïn le cultivateur qui tue Abel l’éleveur.
Un fils de Noé qui se moque de la nudité de son père et ses deux frères qui la cachent.
Joseph abandonné par ses frères mais qui deviendra leur sauveur.
Léa et Rachel, les deux sœurs concurrentes pour le même époux.
Dans le Nouveau Testament :
Pierre et André, les apôtres qui s’appellent mutuellement.
Jacques et Jean, qui s’allient pour conquérir la première place auprès du Maître.
Marthe l’active et Marie la pleureuse avec leur frère Lazare.
Les deux frères de la parabole : le prodigue qui a dilapidé sa part d’héritage et celui qui n’a jamais quitté son père et qui refuse de revoir son frère quand celui-ci rentre à la maison.
Bref ceux qui marchent bien ensemble, ceux qui complotent, ceux qui se jalousent, ceux qui se tuent, ceux qui se rachètent. La fraternité est riche et difficile.
Ce que nous savons déjà bien par ailleurs.
Dans l’évangile, Jésus, fidèle en cela à la loi mosaïque, nous appelle à aimer : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Alors ses adversaires lui posent la question : « Qui est mon prochain ? » Qui est mon prochain, n’est-ce pas une question de tous les temps ? Est-il mon frère de sang, mon frère de race, mon frère d’élection ?
Et Jésus répond par une parabole, la parabole du Bon Samaritain : le prochain c’est justement celui que je ne choisis pas, c’est celui que je rencontrerai sur le chemin quand je serai en situation de misère ou celui à qui je tendrai la main quand il en aura besoin. Dans la parabole, le Samaritain c’est l’étranger, celui qui ne participe pas au même culte que moi. Encore faut-il que je ne détourne pas mon regard.
Nous choisissons nos amis, nous ne choisissons pas nos frères.
Notre prochain d’aujourd’hui sera celui que nous n’aurons pas choisi : nos voisins, nos collègues, les parents de l’école de nos enfants, ou celui qui s’assoira à côté de moi à l’église le dimanche.
La tentation est de se replier sur ceux qui nous ressemblent.
Je raconte souvent l’histoire d’une famille que j’avais connue dans une paroisse précédente. Histoire un peu méchante : la maman m’explique que sa fille qui habitait Montrouge allait au lycée à Vanves, mais au conservatoire à Arcueil, chez le dentiste à Bagneux, au sport je ne sais plus où et à la messe sans doute à Paris. Comment cette fille aurait-elle pu alors venir dans mon aumônerie locale ?
Comment, pour ce qui est de nous, dans nos responsabilités, ne pas segmenter notre vie sociale ?
Comment pour ceux qui ont la charge de la vie publique aider chacun à vivre ensemble sur un même territoire ?
J’espère que nos paroisses puissent aider à ce vivre ensemble. La liturgie a pour mission de nous rassembler dans une même confession de foi, certes, mais dans la multiplicité de nos statuts sociaux. Et elle a pour mission de nous renvoyer vers ceux avec lesquels nous vivons. Ite missa est. Allez la messe est dite !
Trois réflexions :
La première :
La mondialisation nous a appris que l’habitant de la plus lointaine contrée est devenu notre prochain dans un monde qui se construit ou pour un monde qui se détruit. Notre Église, parce qu’elle est catholique, c’est-à -dire à la dimension du monde, a une expérience et une exigence très concrètes de ces échanges Nord / Sud / Est / Ouest. J’espère que nous en avons la conscience responsable.
La seconde :
Il nous a été suggéré par l’affaire Abel et Caïn. Dans le texte biblique, Caïn est réprouvé, ce qui semble légitime après son fratricide. Mais le Seigneur Dieu interdit à tout homme de le mettre à mort. Dans le récit biblique, dès la seconde génération de notre humanité, apparaît la loi.
La tradition judéo chrétienne sait qu’il n’y a pas de vie commune sans législation. L’Église est très légitimiste. Ce qui lui a parfois d’ailleurs valu de se tromper. La loi naturelle, la loi évangélique, la loi de l’Église, le respect de la loi civile sont des fondements essentiels, même si la conscience éclairée garde une certaine primauté.
Et la dernière, la plus essentielle :
Nous croyons que nous avons un grand frère, un frère aîné, en la personne de Jésus. Qu’il est modèle de fraternité.
Sa mort pourrait nous condamner une fois pour toutes devant Dieu. Mais il devient, comme Joseph avec ses frères, le rédempteur, celui qui nous fait revivre, celui qui nous remet en communion avec Dieu et avec nos frères les hommes.
C’est à cette fraternité là que nous sommes appelés.

