mercredi 11
mai 2011
posté le 30/5/2011 par Cieux de Paris 11ème
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Cieux de Paris 11ème : Compte rendu du dialogue inter-communautaire du 11 mai 2011 sur le thème de la mort — Foyer de l’âme
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Cieux de Paris 11ème : Compte rendu du dialogue inter-communautaire du 11 mai 2011 sur le thème de la mort — Foyer de l’âme
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Cieux de Paris 11ème : Compte rendu du dialogue inter-communautaire du 11 mai 2011 sur le thème de la mort — Foyer de l’âme
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Cieux de Paris 11ème : Compte rendu du dialogue inter-communautaire du 11 mai 2011 sur le thème de la mort — Foyer de l’âme
Cieux de Paris 11ème : Compte rendu du dialogue inter-communautaire du 11 mai 2011 sur le thème de la mort — Foyer de l’âme
Paris 11ème, Foyer de l’âme – 7 bis rue du Pasteur Wagner
ACCUEIL par le Pasteur Vincens HubacCe temple a 100 ans. Il a été construit dans la même architecture que les Grands Magasins comme la Samaritaine. Les orgues ont été inaugurées il y a deux ans ; leurs sons sont ceux du 18e siècle pour restituer les sons de l’époque baroque.
Tous les premiers dimanches du mois (hors vacances scolaires) une cantate différente de Bach est jouée. La musique est importante dans le protestantisme ; les psaumes ont été traduits pour être chantés.
Ce temple a été repeint pendant l’été. Il y a une petite symbolique : une table de repas qui accueille le pain et le vin, la croix du Christ, la Bible ouverte car la Parole de Dieu est vraiment au centre du protestantisme. Il y a la chaire pour la prédication. Il n’y a rien d’autre dans un temple, c’est un lieu laïque qui peut accueillir différentes animations.
Le protestantisme luthéro-réformé dont je fais partie représente 2% de la population française ; nous sommes une petite minorité mais, dans le monde, il est beaucoup plus important. Les baptistes sont les protestants les plus nombreux. Il y a beaucoup de courants dans le protestantisme.
Le protestantisme est né au 16e siècle le 31 octobre 1517 exactement, lorsque Luther a affiché les 97 thèses sur la porte ..
Avec Luther, on a une Eglise qui s’installe, qui est protégée. Il y eut ensuite la réforme calviniste par Jean Calvin qui a écrit « L’institution chrétienne ». En 1559 à Paris, eut lieu le 1er synode où a été écrite une confession de foi . Rue Visconti, dans le 6e arrondissement de Paris, une auberge accueillait des pasteurs qui partaient ensuite à Genève ; on l’appelait « la petite Genève ». (Racine est mort dans cette rue). Là , ils ont adopté une règle. Ils sont venus déguisés car ils n’avaient pas le droit de se réunir.
Au 17e siècle, il y avait 10% de protestants. En 1787, Louis XVI a autorisé les religions juives et protestantes en France. C’était un édit de tolérance. Il a fallu attendre les écrits concordataires pour qu’il y ait une reconnaissance de l’Etat.
En 1907, le pasteur Wagner est arrivé dans l’Est Parisien. Il y avait là une misère épouvantable ; c’était le quartier des prolétaires. Au Balajo, les tables et les chaises étaient rivées au sol pour que les gens ne se les envoient pas à la figure.
Ici, on a toujours voulu garder la préoccupation sociale d’où l’importance des oeuvres sociales. Le Pasteur Wagner avait des idées libérales . Le libéralisme théologique pose le principe :
« On peut discuter des dogmes ». La vérité n’est pas confisquée ; les autres peuvent exprimer leur vérité et elle est recevable : ouverture d’esprit et tolérance. Il existe quatre temples pour le protestantisme libéral : celui-ci, l’Oratoire du Louvre à Paris, un à Strasbourg et un autre à Montpellier.
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Alexandre Vigne, Président de CIEUX, présente les intervenants :
Vincens Hubac, pasteur du Foyer de l’Ame
Cheikh Achour, imam de la mosquée Omar
Diane Barraud, pasteure du Picoulet, de la Mission Evangélique Protestante
Serge Benhaïm, président de la synagogue Abravanel
Jacques-Yves Bohbot, vice-président du Consistoire de France
Père Jean-Louis de Fombelle, curé de l’église Sainte Marguerite
Jacques Lefort, vice-président de la communauté civique de CIEUX
Père Noël Tanazacq, recteur de l’Eglise orthodoxe roumaine.
En 1998, j’ai écrit « Requiem pour des étoiles » en rassemblant des homélies funèbres prononcées pour des disparus célèbres dont Bernanos, Dalida, Louis de Funès, etc...
Voir le positif concernant la mort. On mérite mieux que d’être en pièces détachées.
Le code de droit canonique refusait la célébration de funérailles religieuses pour les suicidés, les divorcés, les pécheurs publics également. Mais, en 1963, Edith Piaf décède : elle avait divorcé, s’était remariée avec un orthodoxe. Il y eut alors une grande réaction dans l’opinion publique. A Rome, au Concile Vatican II, les théologiens ont décidé de réviser le droit canonique pour autoriser à célébrer des funérailles religieuses.
Père Jean-Louis de Fombelle
Quand l’Eglise n’autorisait pas des funérailles religieuses, elle était infidèle au Seigneur Jésus qui aidait les pécheurs.
La mort, elle n’est pas à égalité avec la vie. Celle-ci sera toujours première. La vie peut exister sans la mort mais pas l’inverse. La mort est la cessation de la vie. On parle toujours de la mort de l’autre. Ce qui caractérise la mort, c’est que personne n’en est jamais revenu. C’est la raison pour laquelle la mort nous fascine mais, en même temps, nous effraie. Notre mort est précédée d’innombrables cessations. Quitter l’autre est comme une petite mort ; cela nous laisse désemparé.
J’ai perdu mon père à 20 ans d’une crise cardiaque. Cette mort me paraissait invraisemblable mais elle était bien réelle et il faut nous y habituer.
Peuple de la traversée. Ils ont traversé la vie avec leurs beautés et leurs faiblesses. Ils étaient porteurs de la longue mémoire de l’humanité. Ils ont tenu leur place au milieu de nous. Personne ne les remplacera. Que ne ferions-nous pas pour entendre leurs voix. Nous continuerons à leur parler.
Pour les chrétiens, la mort n’est pas la fin de tout, c’est un passage que nous faisons à la suite de Jésus qui était mort sur la croix puis est revenu à la vie. C’est le témoignage que lui rendent Pierre et les autres apôtres.
« Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole ; il dit d’une voix forte : »Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd’hui, écoutez bien ce que je vais vous dire. Non, ces gens-là ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; car voici seulement la troisième heure du jour. Mais c’est bien ce qu’a dit le prophète Joël : dans les derniers jours, dit le Seigneur, je répandrai mon Esprit sur toute créature. Alors leurs fils et leurs filles deviendront prophètes...
Hommes d’Israël, écoutez ces paroles ! Il s’agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien. Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l’avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, tous nous en sommes témoins ! Elevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l’ Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous ; c’est cela que vous voyez et que vous entendez. Que tout le peuple d’Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ.«
Ce Jésus leur est réapparu pendant 40 jours. Ils faisaient l’expérience de la paix et de la joie qu’il leur apportait.
Nous croyons que Jésus est le premier-né d’entre les morts. Il est entré dans la vie nouvelle comme les Hébreux étaient entrés dans la Terre Promise. Au moment de la mort, l’âme est séparée du corps ; elle monte au ciel et le corps reste en terre.
Pour moi, l’âme est indissociable du corps. Je pense donc qu’après la mort, nous ressusciterons corps et âme avec notre être. Jésus, sur la croix, dit au bon larron : »Aujourd’hui, tu seras avec moi au Paradis« .
La mort est un saut dans l’inconnu d’où toute douleur aura disparu. Jean, dans l’Apocalypse :
»Alors j’ai vu un ciel et une terre nouvelle...« , »Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort n’existera plus« , »Voici que je fais toute chose nouvelle« .
Certes, nous serons jugés mais pas par un juge terrestre, mais par un Dieu d’amour dont la tendresse et la miséricorde sont infinies. Tous seront sauvés à condition de reconnaître leurs fautes passées et aussi de reconnaître l’amour de Dieu. Seuls, ceux qui seraient fermés à l’amour seraient perdus à jamais. Le pardon ne se mérite pas : il est totalement gratuit. Ce n’est pas par les mérites qu’on sera sauvé, c’est par l’amour de Dieu.
Jacques-Yves Bohbot
Napoléon a créé le Consistoire en 1808.
Au sujet des carrés confessionnels, nous avons participé à un débat.
Nous avons été très longtemps interdits de cimetière. C’était en dehors de Paris.
La Révolution a permis les carrés confessionnels.Nous devons être enterrés les uns à côté des autres dans le judaïsme.
En 1905, la loi impose l’égalité de tous les citoyens et le regroupement des tombes est complètement interdit. Le maire va appliquer la loi.
A Paris, où la communauté est bien implantée, il y a plusieurs cimetières où la communauté enterre ses morts et il nous est permis d’être regroupés par les préfets avant 1977 puis, après 1977 par les maires. Puis il y a eu remise en cause à partir de 2006-2007 : il n’y a pas, à Paris, la possibilité de conserver des carrés confessionnels. Du coup, 40 % des familles parisiennes sont obligées d’aller enterrer les leurs en Israël. Remise en cause du vivre ensemble. Depuis deux ans, la ville de Paris temporise.
Chez les Juifs, l’incinération est formellement interdite. Elle nous priverait de la résurrection à laquelle nous croyons fondamentalement et il y a eu aussi le problème de la Shoah.
En ce qui concerne l’exhumation, nous n’en voulons pas. Quand la concession est terminée, il y a des ossuaires...
Si nous ne respectons pas nos défunts, on ne respectera pas les vivants.
Serge Benhaïm
J’aime bien vivre et bien rigoler mais, si l’on meurt, c’est grâce à vous Mesdames.
La mort, dans le temps, est un voyage à sens unique : on ne peut aller que vers l’avant, nous allons de manière sûre vers la mort.
Voir les aspects qui nous sont communs et les aspects qui nous sont différents.
Je vais rentrer dans un côté religieux : la mort de manière physique. La masse physique d’un mort et celle d’un vivant est la même.
On a entendu des tas de choses sur la mort.
Expliquer la mort à une personne qui a perdu quelqu’un : on bute sur une incompréhension. Qu’est-ce qu’un mort chez nous ?
Quelqu’un qui n’est pas né est considéré comme mort, l’être non-né, à qui l’on ne donne pas l’occasion de naître.
Lorsque nous donnons une aide à un pauvre, c’est lui permettre de vivre ; sans cette aide, il serait mort. Avant de mourir, il a été créé.
Trois acteurs pour cela : le père et la mère et Dieu. Les parents donnent le corps et Dieu l’âme. Au moment de la mort, chacun reprend ses billes, les parents le corps qui retourne à la terre.
Si on nous enlève quelqu’un, la douleur reste pour toujours.
Dieu, lui, est le maître du monde : il nous a donné la vie et peut la reprendre.
Une anecdote : Au 16e siècle, il y avait un homme riche qui possédait un grand figuier. Les élèves d’une école venaient étudier sous son ombre. Cela a fini par l’agacer. Il se posait la question : devait-il l’arracher pour être tranquille ? Mais, dans ce cas, les élèves n’auraient plus d’endroit pour s’instruire.
Dieu sait quand c’est le moment de nous reprendre. Ne pas oublier la grandeur de Dieu.
Le rituel de la mort nous fait habiller le défunt dans un tissu blanc, dans la tenue où il doit se présenter devant Dieu au Jugement dernier. C’est la couleur de la fin du deuil. Avant cette période, c’est le noir. A la fin de l’année, on considère que le deuil est terminé.
Quelle est la différence entre un vivant et un mort ?
En France, c’est l’âme.
En hébreu, il y a cinq parties : trois parties de l’homme quittent le corps, la partie qui donne le souffle, la vie ; ensuite la partie de l’homme qui reste dans la tombe jusqu’à la résurrection des morts.
Nous avons foi qu’un jour nous retrouverons nos morts mais, en attendant, dans nos coeurs, c’est la tristesse de la séparation.
Maïmonide parle de la résurrection de l’âme mais pas de celle du corps (car problème dans le cas d’une femme qui a eu deux maris).
AlexandreVigne
Les religions peuvent changer leur façon de voir, à l’écoute de la psychologie, de la sociologie.
Père Tanazacq
Les suicidés ont besoin de plus de prières que les autres.
La mort ne se définit pas en soi. Elle est une déficience de vie minimum et provisoire. Dieu n’a pas créé la mort ni le péché. Parler de la mort, c’est parler de la vie.
Qu’est-ce que l’homme ? C’est la dernière des créatures, l’accomplissement de la création. Il est la seule créature pour laquelle il y a eu un concile divin : le Père, le Fils et le Saint Esprit.
»Faisons l’homme à notre image« . Sa nature est composée, elle n’est pas simple mais matérielle et incorporelle aussi. L’homme réunit le ciel et la terre. Il est à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’image de Dieu est dans les gènes de l’homme mais cette image peut être amoindrie. Même dans l’enfer, il demeurera à l’image de Dieu. Par contre, ressembler à Dieu, c’est se conformer à la volonté de Dieu, le roi de la création. »Elève la création jusqu’à moi, conduis-la à la perfection« .
Satan est jaloux, il a la haine de l’homme parce qu’il ressemble à Dieu. Dieu avait dit à l’homme : »Obéis-moi sans comprendre« . Toute la création est proche du non-être.
La mort physique, c’est la dissociation de l’âme et du corps. Lorsque l’âme se retire du corps, celui-ci retombe en poussière. L’âme a été l’élément vital du campagnonnage. Le chemin de l’âme, ce peut être soit vers le trône de Dieu, soit une stagnation ou encore aller vers l’enfer. Il est beaucoup plus difficile de changer sans son corps : une personne qui a été bonne le restera dans le ciel et, pour le méchant, c’est pareil.
Le destin de l’homme après la mort.
Le mauvais riche ne se repent pas : refus du repentir. Seul le repentir lui permettrait de franchir le fossé.
L’âme ne quitte pas instantanément le corps, cela dure trois jours et on n’enterre que le 4e jour : »Enlevez la pierre« .
Saint Paul : »Ne vous troublez pas, son âme est en lui« .
La conscience psychique me permet de communiquer avec les autres.
La conscience spirituelle : lors d’un défunt récent, je lui donne l’absolution mais, au 4e jour, je le considère comme un mort.
L’Eglise orthodoxe est hostile à la crémation, car c’est une destruction. L’âme voit symboliquement les feux de l’enfer.
On a des prières à différentes dates. Par exemple, le 40e jour est, selon la tradition, le jour du Jugement personnel. On considère que l’âme a besoin de quarante jours pour se préparer. Après, l’âme fait son chemin. L’anniversaire, c’est le jour de la naissance au ciel.
La mort spirituelle : le prophète Daniel en a parlé. C’est la séparation de l’âme avec Dieu, c’est la mort éternelle.
Il y aura la résurrection universelle, puis le jugement de l’humanité. Ceux qui auront choisi de ne pas ressembler à Dieu (aucun repentir) seront en enfer, c’est l’état de non-être, c’est un état spirituel. Le feu de l’enfer est le même que celui du Paradis, mais il est glacé : »grincements de dents« .
En ressuscitant, c’est de cette mort-là que le Christ nous sauve.
Accepter la mort comme une ascèse ; c’est cette acceptation qui nous permet de ressusciter. Saint Grégoire de Nysse dit que l’âme garde l’empreinte du corps, elle en a la mémoire.
La seconde mort est éternelle puisque l’homme est éternellement libre. Dieu ne peut pas nous sauver contre notre volonté. La mort éternelle peut être empêchée par le repentir et l’espérance.
Certains ne connaîtront pas la première mort puisqu’il est précisé : »Les vivants et les morts à la fin des temps« .
Diane Barraud
Au coeur de la foi chrétienne, il y a un mort : Jésus. La foi en la Résurrection est fondamentale. Saint Paul : »Je ne veux connaître que Jésus le Ressuscité« . Il nous faut passer très vite du Vendredi Saint au jour de Pâques.
Le cri de Jésus sur la croix fait écho à tous les cris des êtres humains.
L’espér ance de la résurrection n’est pas évidente. Jésus a dû faire preuve de pédagogie ; la mort a été traversée par Dieu.
Question : Est-ce que, du séjour des morts, on peut louer Dieu ?
Réponse : La mort est un lieu de plus où Dieu nous rencontre : »Ne craignez pas ceux qui tuent le corps ; ils ne peuvent tuer l’âme. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.«
Alexandre Vigne
Comment accompagner les personnes qui vivent un deuil ? Quel sens apporter ? Comment retrouver un lien avec la personne défunte pour guérir d’un deuil ?
Cheikh Achour
C’est un dialogue constructif qui souhaite le bien. Louange à Dieu.
La vie de l’homme commence dans le ventre d’une femme. Le prophète Muhammad dit que, lors de la conception, Dieu inscrit quatre décisions. L’enfant accomplit sa mission sur terre d’une durée qui a été fixée par Dieu. Certains doutent de ces propos, mais on constate que des gens meurent à la fleur de l’âge ou à des âges différents.
Qu’est-ce qui a provoqué la crise cardiaque d’un individu ? Certains restent dans le coma un certain temps. Pourquoi certaines personnes meurent alors qu’elles ont reçu tous les soins possibles ? La mort survient quand l’âme a quitté le corps. L’âme constitue une part importante de la
de la vie de l’homme.
Lorsque l’homme agonise, sa famille l’entoure, le supplie de ne pas les laisser seuls. L’ange de la vie de l’homme arrive et ordonne à l’âme de sortir. Des anges récupèrent l’âme et la montent au ciel. La mort est semblable à la naissance dans l’attente du Jugement.
Les âmes seront séparées entre les pervers et les bénis-de-Dieu. Tout le corps pourrira à l’exception du coccyx qui est la première chose créée chez l’homme. Un violent tremblement de terre fera sortir les enterrés.
Il convient de se soucier de l’âme, ce que les gens ne font pas actuellement. »Combien tu t’épuises pour servir ton corps ; occupe-toi de ton âme« .
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Question : Si on a des défunts dont on ne connaît pas l’origine, que devons-nous faire ?
Réponse : Prendre soin spirituellement du défunt. On donne le respect minimum à la personne.
Pasteur Vincens Hubac
J’appartiens au Collectif des Morts de la Rue. Pour certains, on ne sait rien d’eux. On essaye de coller à la personne. On accompagne le corps. On va dire un poème du désert ; on dit un petit mot et on dépose une fleur.
Père Jean-François Ribard
J’étais un jour sur le quai du métro et un homme venait d’être happé. Je l’ai béni. Ayant laissé mon adresse, je sus plus tard qu’il était orthodoxe.
Jacques Lefort
Peu après 1968, on vit un graffiti disant : »Dieu est mort, signé Nietzsche« . Quelqu’un écrivit en dessous : »Nietzsche est mort, signé Dieu« .
La société, quand elle s’intéresse à la mort.
»Vis chaque jour comme si c’était le dernier, tu finiras bien par avoir raison.«
La République traite la mort comme un sujet grave. Par les lois qu’elle fait, la société renvoie une image de l’homme.
- Actuellement, dans les cimetières de Paris, il y a 734 000 places, donc suffisamment pour 150 ans, sauf que, maintenant, les gens sont beaucoup plus grands. Un cimetière est actuellement vide pour servir en cas de cataclysme.
Avant Socrate, les gens étaient contemplatifs. On peut traiter de la mort de différentes façons.
Notre société civique devrait se renouveler. Il faut accompagner la mort, pouvoir donner du sens à sa peine.
Les rituels sont très différents selon les cultures.
Thème
La mort
Communications de la communauté
— orthodoxe
—
ACCUEIL par le Pasteur Vincens Hubac
Ce temple a 100 ans. Il a été construit dans la même architecture que les Grands Magasins comme la Samaritaine. Les orgues ont été inaugurées il y a deux ans ; leurs sons sont ceux du 18e siècle pour restituer les sons de l’époque baroque.
Tous les premiers dimanches du mois (hors vacances scolaires) une cantate différente de Bach est jouée. La musique est importante dans le protestantisme ; les psaumes ont...
Communications de la communauté [orthodoxe]
Patriarcat Orthodoxe de Roumanie
Métropole pour l’Europe occidentale et méridionale
Doyenné de France
Paroisse Sainte-Geneviève – Saint-Martin
(Communauté parisienne francophone)
www.sainte-genevieve-paris.fr
La mort ne se définit pas en soi : elle ne peut se définir que par rapport à la vie : elle est une déficience de vie, et même une déficience momentanée, provisoire. Car Dieu n’a pas créé la mort : Il n’a créé que la vie (il en est de même du mal ou du péché. Dieu ne les a pas créés : ils ne sont qu’une déficience de bien ou de grâce ; ils n’ont pas d’existence en eux-mêmes).
1. Pour pouvoir parler de la mort, il faut donc d’abord parler de la vie, et en premier lieu de l’anthropologie chrétienne : qu’est-ce que l’Homme ?
Dans le cycle biblique de la création2, l’Homme est la dernière des créatures, le point ultime, l’accomplissement. Il est la seule des créatures pour laquelle la Divine Trinité se soit concertée : « Faisons l’Homme à notre image et à notre ressemblance3 » disent le Père, le Fils et le Saint Esprit, et la seule qui soit appelée « image de Dieu ».
L’homme est donc un reflet de Dieu. Il a une caractéristique essentielle qui est d’avoir une nature composée : elle est à la fois cosmique et céleste, matérielle et incorporelle, visible et invisible, corps et âme. Le Fils façonne l’Homme avec de la boue (poussière du sol, humidifiée par la « vapeur » qui s’en élevait4) et l’Esprit-Saint lui insuffle la vie, le souffle de vie, l’âme. L’Homme est terrestre par son corps et céleste par son âme : il réunit le Ciel et la Terre. Il est le chef-d’œuvre de Dieu. C’est pour cette raison que Dieu s’est incarné, que le Fils de Dieu est devenu Homme, parce qu’en s’unissant à l’Homme, Dieu s’unit à l’ensemble de Sa Création, Il entre en communion avec elle.
L’image de Dieu est inscrite dans les gènes de l’homme : il ne la perd jamais, mais elle peut être tragiquement amoindrie. Par contre la ressemblance suppose un effort libre de sa volonté. Ressembler, c’est se conformer à , se comporter comme Dieu. C’est pour cela que Dieu institue l’Homme « Roi de la création » : sois Mon image dans la création, comporte-toi comme Moi dans la création , aime-la et élève-la jusqu’à Moi ; conduis-la à la perfection, à la transfiguration.
Mais l’homme n’a pas voulu. Il a été tenté et séduit par le Serpent, qui représente le monde angélique déchu. Satan a la haine de l’Homme parce que ce dernier est l’image de Dieu : il est jaloux. Et l’Homme a succombé à la tentation. Il a préféré connaître les antinomies du monde créé (le bien et le mal) plutôt que de s’unir à Dieu : il a préféré le non-être à l’être. Et il en reçoit le châtiment (annoncé), qui est la mort.
2. La mort est la dissociation, la séparation de l’âme et du corps, comme le dit St Jean Damascène dans son Exposé de la foi orthodoxe (8ème s.).
Lorsque l’âme se retire du corps, de son corps, ce corps meurt : il cesse de vivre. Et il retourne en poussière. Tandis que l’âme fait un certain chemin, dans le monde invisible : c’est ce qu’on appelle la « destinée de l’âme après la mort ». Ce chemin peut être une élévation vers le Trône de Dieu, une stagnation, ou une chute vers l’enfer et il est largement fonction du chemin terrestre. On ne se transforme pas magiquement parce qu’on n’a plus de corps : il est même beaucoup plus difficile d’évoluer sans son corps, parce que le corps nous vérifie. Une personne qui s’est exercée à être bonne et humble sur terre, le demeure dans sa vie céleste. Mais une personne qui a été méchante et orgueilleuse sur terre, le demeure aussi dans sa vie céleste. Nos états d’âme nous suivent.
Nous en avons un beau témoignage dans l’Evangile, avec la parabole du Mauvais riche et du pauvre Lazare5 : le Mauvais riche n’a aucun repentir d’avoir laissé Lazare mourir de faim et il demande à Abraham d’envoyer Lazare pour le rafraîchir, comme on commande à un serviteur. Il a gardé sa mentalité de riche. C’est parce que ce chemin de l’âme après la mort est difficile, que l’Eglise prie beaucoup pour les défunts, depuis les origines. La prière pour les défunts est attestée depuis le 2e siècle (célébration de la « Fraction du pain », c’est-à -dire de l’Eucharistie sur les tombes, notamment celles des martyrs). Les prières propres pour les défunts apparaissent au 3e siècle. Pour constituer ce rituel, entre le 3e et le 7e siècle, l’Eglise indivise a beaucoup emprunté à un apocryphe : le 4e livre d’Esdras. La prière des vivants est un trésor pour les défunts.
L’âme ne quitte pas instantanément le corps, car ils ont été créés l’un pour l’autre et conjointement, dans le même acte créateur. La Tradition indique que cela dure 3 jours. C’est pour cette raison que, depuis les temps anciens, on n’enterre les morts qu’à partir du 4e jour. Nous avons plusieurs témoignages de cette tradition dans l’Ecriture, dont au moins deux sont importants. Lorsque le Christ s’approche du tombeau de Lazare et demande d’en rouler la pierre, Marthe Lui dit : « Seigneur, il sent déjà , car c’est le 4e jour »6. Le corps était entré en décomposition. Et lorsque St Paul parle à Troas7, un jeune homme qui était assis sur le bord d’une fenêtre, au 3e étage de l’immeuble, s’endort, tombe et se tue. St Paul descend, prend le corps dans ses bras et rassure tout le monde en disant : « Ne vous troublez pas car son âme est en lui »[c’est-à -dire dans son corps]. Et il le ressuscite (Actes 20/7-12). Par ailleurs nous avons aussi le témoignage de la médecine actuelle avec les cas de « morts cliniques », qui ont été beaucoup étudiés. Il y a beaucoup de témoignages publiés et qui concordent : les personnes disent qu’elles étaient environ à 1m au-dessus de leur corps, qu’elles entendaient et voyaient tout (elles avaient leur conscience spirituelle (intérieure) mais plus leur conscience psychique (extérieure)). C’est pour cette raison qu’il faut faire très attention à ce qu’on dit à côté d’un défunt récent, car l’âme est encore proche du corps : il entend tout. Lorsque j’ai à donner l’absolution à une personne qui vient de mourir, je la lui donne comme si elle était vivante (avant le 4ème jour) : je pose mon étole sur sa tête, puis lui impose les mains et je lui demande de se repentir avant de la délier des péchés de toute sa vie terrestre.
C’est parce que l’Homme est image de Dieu et appelé à la Résurrection que l’Eglise, depuis les origines, prend un grand soin des corps qui sont, comme le dit St Paul, « temples du Saint-Esprit »8 : on les asperge d’eau bénite, on les parfume d’encens, on allume des cierges (symboles de la résurrection). On célèbre sur eux des sacrements (liturgie des funérailles)9 et on les enterre : l’Eglise est absolument hostile à la crémation parce qu’il s’agit d’un feu destructeur, image symbolique du feu de l’enfer, et que la destruction violente et volontaire du corps n’aide pas l’âme à cheminer. On célèbre aussi des offices à des jours précis après la mort, dont le plus important est le 40e jour, qui est celui du jugement personnel : l’âme, après une quarantaine de préparation, paraît devant le Christ, le juste Juge. Les Chrétiens ont pris très tôt l’habitude de célébrer aussi l’anniversaire de la mort de leurs défunts en l’appelant « Dies natalis », c’est-à -dire jour de naissance [au Ciel], naissance à la vraie vie, nouvelle naissance.
Tout ce dont je viens de parler constitue la « première mort », la mort physique.
Il y a aussi la seconde mort dont parle l’Apocalypse. Cette mort est spirituelle : il s’agit de la séparation d’avec Dieu. Elle est appelée « mort éternelle » parce qu’elle vient après la résurrection universelle et le Jugement dernier (qui est universel), à la fin des temps. Ceux qui n’auront aucun repentir pour leurs mauvaises œuvres et qui auront donc choisi délibérément de ne pas ressembler à Dieu « seront jetés dans les ténèbres extérieures, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents »10 : c’est l’enfer éternel. Ce n’est pas un lieu géographique, mais un état spirituel : le plus éloigné possible du Créateur, et le plus proche possible du non-être.
Le feu qui brûle les réprouvés11 est le même feu que celui de la Transfiguration : c’est le feu de l’amour divin. Mais dans un cas, il est reçu et dans l’autre il est refusé. C’est pourquoi on l’appelle aussi « feu glacé ». C’est de cette mort-là que le Christ nous sauve en ressuscitant, parce qu’ « Il nous réconcilie avec Dieu »12 et nous rouvre les portes du Paradis13.
Mais Sa résurrection ne nous sauve pas de la première mort, que nous devons désormais considérer comme un chemin spirituel et accepter comme une ascèse. Nous avons toutefois acquis la certitude que cette mort physique est provisoire et que le Christ l’a vaincue.
A la Résurrection universelle, chacun retrouvera son propre corps, car nous n’avons qu’un seul corps (et une seule âme). Plusieurs Pères de l’Eglise, mais surtout St Grégoire de Nysse (4e s.) et St Jean Damascène (8e s.) disent que l’âme garde l’empreinte du corps (c’est pour cela qu’il existe des fantômes14) et qu’elle a l’aptitude à reconnaître les éléments de son corps (les atomes) dans l’univers.
L’Homme (l’humanité) est jugé dans sa totalité –corps et âme- tel que Dieu l’a créé. Et c’est ainsi qu’il peut être soit déifié, soit réprouvé. La seconde mort est « éternelle » parce que l’Homme est éternellement libre : Dieu ne peut pas nous sauver contre notre volonté libre.
Mais les Pères nous enseignent que le Christ se trouve aussi dans l’Enfer et qu’Il attend avec patience et espérance que les réprouvés se convertissent, c’est-à -dire qu’ils se repentent. Nous en avons deux grands témoins, au 4e siècle (St Ephrem le Syrien) et au 20e siècle (St Silouane de l’Athos). St Ephrem dit que Dieu n’a pas d’autre solution que de livrer les cÅ“urs endurcis au feu de l’enfer pour les amener au repentir15. St Silouane a été plongé dans l’enfer éternel pendant environ 15 ans et, au cÅ“ur de cet abîme, le Seigneur lui a fait cette révélation : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas »16. Seuls le désespoir et le refus du repentir nous coupent totalement de Dieu.
La mort éternelle peut être vaincue par le repentir et l’espérance.
Père Noël TANAZACQ
Recteur
(1) Organisée par l’association « Cieux » du 11e arrondissement de Paris, au Temple protestant du Foyer de l’Âme. Intervenaient : des Juifs, des Chrétiens (Orthodoxes, Catholiques-romains et Protestants) et des Musulmans.
(2)Il s’agit de l’ « éon » (du grec « aiôn », traduit en latin par « saeculum ») de la création, qui sera suivi de l’éon de la chute, avant l’avènement de l’éon du renouveau, celui du Royaume de Dieu.
(3) Genèse 1/26. Dieu est appelé « Elohim », qui est un pluriel en hébreu.La Tradition chrétienne y a vu la Divine Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
(4) Poussière du sol= adam, en hébreu. La « vapeur qui monte » représente le flot primordial de l’instinct de vie (Evêque Jean de Saint-Denis : Initiation à la Genèse, cours de théologie biblique, Institut St Denys,1971,p.134).
(5) Luc 16/19-31. Cf. notre article in « Apostolia »,n°43,oct.2011,p.3-7 : Le Mauvais riche et le pauvre Lazare ou la vie de l’âme après la mort.
(6) Jn 11/39.
(7)Troie, dans la province romaine d’Asie.
(8)1Co 6/19
(9) L’Occident a conservé la tradition de la liturgie des funérailles, tandis que l’Orient l’a perdue. Les saints et les grands spirituels s’accordent pour dire que la liturgie eucharistique constitue l’aide la plus précieuse pour les âmes des défunts : elle est pour eux comme une rosée céleste. La couleur liturgique pour les offices de défunts est toujours le violet, couleur de la sagesse (la bague des évêques en Occident), des préparations et du repentir. L’utilisation du noir est une décadence et une erreur spirituelle, car il symbolise l’anéantissement.
(10) Mt 8/12
(11) Cf. le Mauvais riche qui dit à Abraham : «car je souffre cruellement dans cette flamme » Lc 16/24
(12) St Paul : 2Co 5/18
(13) Mais nous n’en sommes sauvés qu’en coopérant avec Lui, en Le suivant, en « prenant notre croix », en mourant à nos péchés afin de « vivre pour Dieu ». Ce n’est pas magique. Dieu ne nous sauve pas contre notre propre volonté.
(14) Les fantômes sont des âmes qui se manifestent sur terre sous l’apparence de leur corps, dans les lieux où ils ont vécu et qui n’arrivent pas à se détacher de la terre, en général en raison d’un drame vécu par la personne. Le Christ y fait allusion deux fois en disant à Ses disciples : « Je ne suis pas un fantôme » (lors de la tempête apaisée et lorsqu’Il apparaît à Ses disciples après Sa résurrection).
(15) Dans son commentaire de l’Evangile concordant (S.C. n°121).
(16) St Silouane était un moine russe du Mont Athos. Cette révélation lui fut donnée vers 1906.
(16-11-2011)
Métropole pour l’Europe occidentale et méridionale
Doyenné de France
Paroisse Sainte-Geneviève – Saint-Martin
(Communauté parisienne francophone)
www.sainte-genevieve-paris.fr
Le sens chrétien de la Mort
(Intervention dans le cadre d’une rencontre interreligieuse sur la mort1,
à Paris, le 11 mai 2011)
à Paris, le 11 mai 2011)
La mort ne se définit pas en soi : elle ne peut se définir que par rapport à la vie : elle est une déficience de vie, et même une déficience momentanée, provisoire. Car Dieu n’a pas créé la mort : Il n’a créé que la vie (il en est de même du mal ou du péché. Dieu ne les a pas créés : ils ne sont qu’une déficience de bien ou de grâce ; ils n’ont pas d’existence en eux-mêmes).
1. Pour pouvoir parler de la mort, il faut donc d’abord parler de la vie, et en premier lieu de l’anthropologie chrétienne : qu’est-ce que l’Homme ?
Dans le cycle biblique de la création2, l’Homme est la dernière des créatures, le point ultime, l’accomplissement. Il est la seule des créatures pour laquelle la Divine Trinité se soit concertée : « Faisons l’Homme à notre image et à notre ressemblance3 » disent le Père, le Fils et le Saint Esprit, et la seule qui soit appelée « image de Dieu ».
L’homme est donc un reflet de Dieu. Il a une caractéristique essentielle qui est d’avoir une nature composée : elle est à la fois cosmique et céleste, matérielle et incorporelle, visible et invisible, corps et âme. Le Fils façonne l’Homme avec de la boue (poussière du sol, humidifiée par la « vapeur » qui s’en élevait4) et l’Esprit-Saint lui insuffle la vie, le souffle de vie, l’âme. L’Homme est terrestre par son corps et céleste par son âme : il réunit le Ciel et la Terre. Il est le chef-d’œuvre de Dieu. C’est pour cette raison que Dieu s’est incarné, que le Fils de Dieu est devenu Homme, parce qu’en s’unissant à l’Homme, Dieu s’unit à l’ensemble de Sa Création, Il entre en communion avec elle.
L’image de Dieu est inscrite dans les gènes de l’homme : il ne la perd jamais, mais elle peut être tragiquement amoindrie. Par contre la ressemblance suppose un effort libre de sa volonté. Ressembler, c’est se conformer à , se comporter comme Dieu. C’est pour cela que Dieu institue l’Homme « Roi de la création » : sois Mon image dans la création, comporte-toi comme Moi dans la création , aime-la et élève-la jusqu’à Moi ; conduis-la à la perfection, à la transfiguration.
Mais l’homme n’a pas voulu. Il a été tenté et séduit par le Serpent, qui représente le monde angélique déchu. Satan a la haine de l’Homme parce que ce dernier est l’image de Dieu : il est jaloux. Et l’Homme a succombé à la tentation. Il a préféré connaître les antinomies du monde créé (le bien et le mal) plutôt que de s’unir à Dieu : il a préféré le non-être à l’être. Et il en reçoit le châtiment (annoncé), qui est la mort.
2. La mort est la dissociation, la séparation de l’âme et du corps, comme le dit St Jean Damascène dans son Exposé de la foi orthodoxe (8ème s.).
Lorsque l’âme se retire du corps, de son corps, ce corps meurt : il cesse de vivre. Et il retourne en poussière. Tandis que l’âme fait un certain chemin, dans le monde invisible : c’est ce qu’on appelle la « destinée de l’âme après la mort ». Ce chemin peut être une élévation vers le Trône de Dieu, une stagnation, ou une chute vers l’enfer et il est largement fonction du chemin terrestre. On ne se transforme pas magiquement parce qu’on n’a plus de corps : il est même beaucoup plus difficile d’évoluer sans son corps, parce que le corps nous vérifie. Une personne qui s’est exercée à être bonne et humble sur terre, le demeure dans sa vie céleste. Mais une personne qui a été méchante et orgueilleuse sur terre, le demeure aussi dans sa vie céleste. Nos états d’âme nous suivent.
Nous en avons un beau témoignage dans l’Evangile, avec la parabole du Mauvais riche et du pauvre Lazare5 : le Mauvais riche n’a aucun repentir d’avoir laissé Lazare mourir de faim et il demande à Abraham d’envoyer Lazare pour le rafraîchir, comme on commande à un serviteur. Il a gardé sa mentalité de riche. C’est parce que ce chemin de l’âme après la mort est difficile, que l’Eglise prie beaucoup pour les défunts, depuis les origines. La prière pour les défunts est attestée depuis le 2e siècle (célébration de la « Fraction du pain », c’est-à -dire de l’Eucharistie sur les tombes, notamment celles des martyrs). Les prières propres pour les défunts apparaissent au 3e siècle. Pour constituer ce rituel, entre le 3e et le 7e siècle, l’Eglise indivise a beaucoup emprunté à un apocryphe : le 4e livre d’Esdras. La prière des vivants est un trésor pour les défunts.
L’âme ne quitte pas instantanément le corps, car ils ont été créés l’un pour l’autre et conjointement, dans le même acte créateur. La Tradition indique que cela dure 3 jours. C’est pour cette raison que, depuis les temps anciens, on n’enterre les morts qu’à partir du 4e jour. Nous avons plusieurs témoignages de cette tradition dans l’Ecriture, dont au moins deux sont importants. Lorsque le Christ s’approche du tombeau de Lazare et demande d’en rouler la pierre, Marthe Lui dit : « Seigneur, il sent déjà , car c’est le 4e jour »6. Le corps était entré en décomposition. Et lorsque St Paul parle à Troas7, un jeune homme qui était assis sur le bord d’une fenêtre, au 3e étage de l’immeuble, s’endort, tombe et se tue. St Paul descend, prend le corps dans ses bras et rassure tout le monde en disant : « Ne vous troublez pas car son âme est en lui »[c’est-à -dire dans son corps]. Et il le ressuscite (Actes 20/7-12). Par ailleurs nous avons aussi le témoignage de la médecine actuelle avec les cas de « morts cliniques », qui ont été beaucoup étudiés. Il y a beaucoup de témoignages publiés et qui concordent : les personnes disent qu’elles étaient environ à 1m au-dessus de leur corps, qu’elles entendaient et voyaient tout (elles avaient leur conscience spirituelle (intérieure) mais plus leur conscience psychique (extérieure)). C’est pour cette raison qu’il faut faire très attention à ce qu’on dit à côté d’un défunt récent, car l’âme est encore proche du corps : il entend tout. Lorsque j’ai à donner l’absolution à une personne qui vient de mourir, je la lui donne comme si elle était vivante (avant le 4ème jour) : je pose mon étole sur sa tête, puis lui impose les mains et je lui demande de se repentir avant de la délier des péchés de toute sa vie terrestre.
C’est parce que l’Homme est image de Dieu et appelé à la Résurrection que l’Eglise, depuis les origines, prend un grand soin des corps qui sont, comme le dit St Paul, « temples du Saint-Esprit »8 : on les asperge d’eau bénite, on les parfume d’encens, on allume des cierges (symboles de la résurrection). On célèbre sur eux des sacrements (liturgie des funérailles)9 et on les enterre : l’Eglise est absolument hostile à la crémation parce qu’il s’agit d’un feu destructeur, image symbolique du feu de l’enfer, et que la destruction violente et volontaire du corps n’aide pas l’âme à cheminer. On célèbre aussi des offices à des jours précis après la mort, dont le plus important est le 40e jour, qui est celui du jugement personnel : l’âme, après une quarantaine de préparation, paraît devant le Christ, le juste Juge. Les Chrétiens ont pris très tôt l’habitude de célébrer aussi l’anniversaire de la mort de leurs défunts en l’appelant « Dies natalis », c’est-à -dire jour de naissance [au Ciel], naissance à la vraie vie, nouvelle naissance.
Tout ce dont je viens de parler constitue la « première mort », la mort physique.
Il y a aussi la seconde mort dont parle l’Apocalypse. Cette mort est spirituelle : il s’agit de la séparation d’avec Dieu. Elle est appelée « mort éternelle » parce qu’elle vient après la résurrection universelle et le Jugement dernier (qui est universel), à la fin des temps. Ceux qui n’auront aucun repentir pour leurs mauvaises œuvres et qui auront donc choisi délibérément de ne pas ressembler à Dieu « seront jetés dans les ténèbres extérieures, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents »10 : c’est l’enfer éternel. Ce n’est pas un lieu géographique, mais un état spirituel : le plus éloigné possible du Créateur, et le plus proche possible du non-être.
Le feu qui brûle les réprouvés11 est le même feu que celui de la Transfiguration : c’est le feu de l’amour divin. Mais dans un cas, il est reçu et dans l’autre il est refusé. C’est pourquoi on l’appelle aussi « feu glacé ». C’est de cette mort-là que le Christ nous sauve en ressuscitant, parce qu’ « Il nous réconcilie avec Dieu »12 et nous rouvre les portes du Paradis13.
Mais Sa résurrection ne nous sauve pas de la première mort, que nous devons désormais considérer comme un chemin spirituel et accepter comme une ascèse. Nous avons toutefois acquis la certitude que cette mort physique est provisoire et que le Christ l’a vaincue.
A la Résurrection universelle, chacun retrouvera son propre corps, car nous n’avons qu’un seul corps (et une seule âme). Plusieurs Pères de l’Eglise, mais surtout St Grégoire de Nysse (4e s.) et St Jean Damascène (8e s.) disent que l’âme garde l’empreinte du corps (c’est pour cela qu’il existe des fantômes14) et qu’elle a l’aptitude à reconnaître les éléments de son corps (les atomes) dans l’univers.
L’Homme (l’humanité) est jugé dans sa totalité –corps et âme- tel que Dieu l’a créé. Et c’est ainsi qu’il peut être soit déifié, soit réprouvé. La seconde mort est « éternelle » parce que l’Homme est éternellement libre : Dieu ne peut pas nous sauver contre notre volonté libre.
Mais les Pères nous enseignent que le Christ se trouve aussi dans l’Enfer et qu’Il attend avec patience et espérance que les réprouvés se convertissent, c’est-à -dire qu’ils se repentent. Nous en avons deux grands témoins, au 4e siècle (St Ephrem le Syrien) et au 20e siècle (St Silouane de l’Athos). St Ephrem dit que Dieu n’a pas d’autre solution que de livrer les cÅ“urs endurcis au feu de l’enfer pour les amener au repentir15. St Silouane a été plongé dans l’enfer éternel pendant environ 15 ans et, au cÅ“ur de cet abîme, le Seigneur lui a fait cette révélation : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas »16. Seuls le désespoir et le refus du repentir nous coupent totalement de Dieu.
La mort éternelle peut être vaincue par le repentir et l’espérance.
Père Noël TANAZACQ
Recteur
(1) Organisée par l’association « Cieux » du 11e arrondissement de Paris, au Temple protestant du Foyer de l’Âme. Intervenaient : des Juifs, des Chrétiens (Orthodoxes, Catholiques-romains et Protestants) et des Musulmans.
(2)Il s’agit de l’ « éon » (du grec « aiôn », traduit en latin par « saeculum ») de la création, qui sera suivi de l’éon de la chute, avant l’avènement de l’éon du renouveau, celui du Royaume de Dieu.
(3) Genèse 1/26. Dieu est appelé « Elohim », qui est un pluriel en hébreu.La Tradition chrétienne y a vu la Divine Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
(4) Poussière du sol= adam, en hébreu. La « vapeur qui monte » représente le flot primordial de l’instinct de vie (Evêque Jean de Saint-Denis : Initiation à la Genèse, cours de théologie biblique, Institut St Denys,1971,p.134).
(5) Luc 16/19-31. Cf. notre article in « Apostolia »,n°43,oct.2011,p.3-7 : Le Mauvais riche et le pauvre Lazare ou la vie de l’âme après la mort.
(6) Jn 11/39.
(7)Troie, dans la province romaine d’Asie.
(8)1Co 6/19
(9) L’Occident a conservé la tradition de la liturgie des funérailles, tandis que l’Orient l’a perdue. Les saints et les grands spirituels s’accordent pour dire que la liturgie eucharistique constitue l’aide la plus précieuse pour les âmes des défunts : elle est pour eux comme une rosée céleste. La couleur liturgique pour les offices de défunts est toujours le violet, couleur de la sagesse (la bague des évêques en Occident), des préparations et du repentir. L’utilisation du noir est une décadence et une erreur spirituelle, car il symbolise l’anéantissement.
(10) Mt 8/12
(11) Cf. le Mauvais riche qui dit à Abraham : «car je souffre cruellement dans cette flamme » Lc 16/24
(12) St Paul : 2Co 5/18
(13) Mais nous n’en sommes sauvés qu’en coopérant avec Lui, en Le suivant, en « prenant notre croix », en mourant à nos péchés afin de « vivre pour Dieu ». Ce n’est pas magique. Dieu ne nous sauve pas contre notre propre volonté.
(14) Les fantômes sont des âmes qui se manifestent sur terre sous l’apparence de leur corps, dans les lieux où ils ont vécu et qui n’arrivent pas à se détacher de la terre, en général en raison d’un drame vécu par la personne. Le Christ y fait allusion deux fois en disant à Ses disciples : « Je ne suis pas un fantôme » (lors de la tempête apaisée et lorsqu’Il apparaît à Ses disciples après Sa résurrection).
(15) Dans son commentaire de l’Evangile concordant (S.C. n°121).
(16) St Silouane était un moine russe du Mont Athos. Cette révélation lui fut donnée vers 1906.
(16-11-2011)

