mardi 25
janvier 2011
posté le 7/3/2011 par Cieux de La Défense
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Cieux de La Défense : rencontre inter-communautaire. Thème: Qu’est-ce qu’accueillir ?
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Cieux de La Défense : rencontre inter-communautaire. Thème: Qu’est-ce qu’accueillir ?
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Cieux de La Défense : rencontre inter-communautaire. Thème: Qu’est-ce qu’accueillir ?
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Cieux de La Défense : rencontre inter-communautaire. Thème: Qu’est-ce qu’accueillir ?
Cieux de La Défense : rencontre inter-communautaire. Thème: Qu’est-ce qu’accueillir ?
Puteaux, Maison d’église Notre Dame de Pentecôte – 1 place de la Défense
Qu’est-ce qu’accueillir ?Intervenants :
— Hichem Bakri, secrétaire général de Cieux
— Mohammed Hicham, secrétaire général de l’Association des Musulmans de Courbevoie
— Pasteure Valérie Mali, Eglise Réformée de Levallois-Perret
— Rabbin Moïse Taïeb, Directeur du Talmud Torah de Neuilly
— Père Michel Anglarès, responsable de Notre-Dame de Pentecôte (modérateur)
Compte rendu de Michèle Rain, de Notre-Dame de Pentecôte.
Thème
Qu’est-ce qu’accueillir ?
Discussions
Le représentant de CIEUX, Hichem Bakri, se réjouit de voir une assistance aussi nombreuse. Les auditeurs sont invités à se rassembler par petits groupes pour poser des questions. Le Rabbin Moïse Taïeb fait état d’une expérience menée à Neuilly pour faire, dans un cadre neutre, dialoguer les religions en commentant des textes bibliques et de ses difficultés avec des « extrémistes laïcs » qui pensent que la laïcité doit réduire toutes les religions à la non-expression. En tant qu’Aumônier des Armées, il se félicite de l’exemple donné par l’armée où les religions sont intégrées, donnant à chaque homme la possibilité de la spiritualité de son choix.
Mohammed Hicham évoque l’association Islam-Laïcité qui rassemble des représentants des mosquées, des membres de la Ligue de l’enseignement et des gens de bonne volonté pour mieux appréhender l’espace public, éclairer les débats et favoriser le dialogue. La Mosquée, la Synagogue et l’Eglise doivent pousser les croyants vers l’excellence ; aux problèmes économiques il faut donner des réponses économiques, des réponses sociales aux problèmes sociaux, religieuses aux problèmes religieux. L’identité religieuse est souvent polluée par des problèmes extérieurs.La clé de la compréhension mutuelle est dans l’éducation, à l’intérieur de nos communautés également. La pasteur Valérie Mali regrette la crispation de notre société, la tendance à la victimisation de certaines communautés et regrettent que, dès l’école maternelle, les enfants aient une forte perception de leur appartenance à telle ou telle. L’essentiel est le respect, rappelle Mohammed Hicham ; chaque individu est un mystère, y compris pour soi-même..
Mohammed Hicham évoque l’association Islam-Laïcité qui rassemble des représentants des mosquées, des membres de la Ligue de l’enseignement et des gens de bonne volonté pour mieux appréhender l’espace public, éclairer les débats et favoriser le dialogue. La Mosquée, la Synagogue et l’Eglise doivent pousser les croyants vers l’excellence ; aux problèmes économiques il faut donner des réponses économiques, des réponses sociales aux problèmes sociaux, religieuses aux problèmes religieux. L’identité religieuse est souvent polluée par des problèmes extérieurs.La clé de la compréhension mutuelle est dans l’éducation, à l’intérieur de nos communautés également. La pasteur Valérie Mali regrette la crispation de notre société, la tendance à la victimisation de certaines communautés et regrettent que, dès l’école maternelle, les enfants aient une forte perception de leur appartenance à telle ou telle. L’essentiel est le respect, rappelle Mohammed Hicham ; chaque individu est un mystère, y compris pour soi-même..
Communications de la communauté
— juive
— musulmane
— protestante
—
Qu’est-ce qu’accueillir ?
Intervenants :
— Hichem Bakri, secrétaire général de Cieux
— Mohammed Hicham, secrétaire général de l’Association des Musulmans de Courbevoie
— Pasteure Valérie Mali, Eglise Réformée de Levallois-Perret
— Rabbin Moïse Taïeb, Directeur du Talmud Torah de Neuilly
— Père Michel Anglarès, responsable de Notre-Dame de Pentecôte (modérateur)
Compte rendu de Michèle Rain, de Notre-Dame de Pentecôte....
Communications de la communauté [juive]
Le Rabbin Moïse Taïeb nous apprend que la prière quotidienne mentionne dans ce qui doit être accompli sans limites le respect des parents, la visite aux malades et l’hospitalité. En Gn18, Abraham sous sa tente ouverte aux quatre vents pour mieux voir arriver l’hôte, d’où qu’il vienne, se désole de voir le désert vide. Quand les envoyés s’approchent, nous dit le Midrash, il oublie sa fatigue pour les devoirs de l’hospitalité, espérant accueillir si bien l’étranger qu’il pourra entrer en communication avec lui et lui parler de Dieu. Le Deutéronome dit, à propos de la main tendue aux pauvres « et ton frère vivra avec toi ».
La notion de charité, sedakha, a la même racine que la justice : si j’ai beaucoup et que l’autre a moins, en partageant avec lui, je rétablis un peu la justice. Au soir de Pessah, la Pâque, le maître de maison rappelle la sortie d’Egypte du peuple. Au bout de la table, il y a une chaise vide, un verre de vin et une assiette pour que « celui qui est seul, qui n’a pas de quoi, vienne partager ». En prononçant ces paroles, le maître de maison ouvre symboliquement la porte. Peut-être y a-t-il derrière cette porte le prophète Elie qui annonce le Messie. Le Talmud ne dit-il pas que tout homme qui a fait la paix avec son voisin, c’est comme s’il avait fait venir le Messie sur terre.
L’homme se forge son expérience à travers l’altérité, en se confrontant à des sociétés différentes. Le Juif qui a été étranger en Egypte doit avoir plus que d’autres la notion de l’étranger. Le Lévitique pose qu’il faut aimer son prochain comme soi-même mais comme le dit André Neher, le prochain, c’est facile. Il faut aimer son lointain comme son prochain. Michel AnglarÈs cite la traduction : aime l’étranger comme quelqu’un de ta famille.
La notion de charité, sedakha, a la même racine que la justice : si j’ai beaucoup et que l’autre a moins, en partageant avec lui, je rétablis un peu la justice. Au soir de Pessah, la Pâque, le maître de maison rappelle la sortie d’Egypte du peuple. Au bout de la table, il y a une chaise vide, un verre de vin et une assiette pour que « celui qui est seul, qui n’a pas de quoi, vienne partager ». En prononçant ces paroles, le maître de maison ouvre symboliquement la porte. Peut-être y a-t-il derrière cette porte le prophète Elie qui annonce le Messie. Le Talmud ne dit-il pas que tout homme qui a fait la paix avec son voisin, c’est comme s’il avait fait venir le Messie sur terre.
L’homme se forge son expérience à travers l’altérité, en se confrontant à des sociétés différentes. Le Juif qui a été étranger en Egypte doit avoir plus que d’autres la notion de l’étranger. Le Lévitique pose qu’il faut aimer son prochain comme soi-même mais comme le dit André Neher, le prochain, c’est facile. Il faut aimer son lointain comme son prochain. Michel AnglarÈs cite la traduction : aime l’étranger comme quelqu’un de ta famille.
Qu’est-ce qu’accueillir ?
Intervenants :
— Hichem Bakri, secrétaire général de Cieux
— Mohammed Hicham, secrétaire général de l’Association des Musulmans de Courbevoie
— Pasteure Valérie Mali, Eglise Réformée de Levallois-Perret
— Rabbin Moïse Taïeb, Directeur du Talmud Torah de Neuilly
— Père Michel Anglarès, responsable de Notre-Dame de Pentecôte (modérateur)
Compte rendu de Michèle Rain, de Notre-Dame de Pentecôte....
Communications de la communauté [musulmane]
Mohammed Hicham s’arrête sur le terme de « l’autre », qui, dans notre société, désigne d’abord celui qui n’est pas de chez nous. Si le migrant ou le réfugié, même installés de façon durable, mais qui conservent leur attachement à leur pays d’origine, peuvent être considérés comme autres, que dire de leurs descendants qui se voient exclus du « nôtre » par un discours réductionniste voire raciste qui fait un glissement simpliste de la condition de l’étranger à celle de l’immigré puis à celle du marginal, l’autre, persona non grata, l’in-intégrable dans le nôtre ?
Sa contribution s’articule autour de deux axes :
Le premier, le texte coranique, de l’appel de Dieu à chacun de nous pour se rappeler que « nous sommes à Dieu et à Lui nous retournerons » le second, le cheminement quotidien du croyant pour vivre cette appartenance à Dieu et, par là , à « une seule famille humaine ».
Dieu a dit : « C’est Lui qui vous a créés d’un seul être dont il a tiré son épouse, pour qu’il trouve de la tranquillité auprès d’elle. » Le prophète de l’Islam a dit : « il n’y a ni avantage ni priorité d’un arabe sur un non arabe, ni d’un blanc sur un noir que par la pitié, vous êtes tous fils d’Adam et lui-même, il est d’argile » Ainsi notre communauté ethnique, notre appartenance religieuse ou notre rang social ne doivent pas nous faire oublier cet appel divin. Nous sommes égaux parce que notre seigneur est unique et notre père est unique. Dieu dit : « Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et au voyageur (en détresse). « C’est pour le visage de Dieu que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » Pour cette raison, notre solidarité ne doit pas toucher seulement nos semblables ethniques, religieux ou sociaux mais s’exercer envers tous ceux qui sont dans le besoin.
Le second thème est tiré de la vie de notre prophète. Les premiers croyants qui ont adhéré à son message étaient imprégnés par une éducation qui sacralise l’appartenance au sang arabe, à la tribu et à la famille. Les Quraychites se pensaient les plus purs du monde et ne pouvaient en aucun cas se rabaisser au rang d’esclaves ou d’étrangers. Durant vingt trois ans, la première mission du messager fût d’effacer cette sacralisation et d’éduquer les croyants à se débarrasser de cet héritage pour accepter de se voir égaux devant le Dieu miséricordieux (« Toi qui cherches le pardon, pourquoi ne pardonnes-tu pas ? »). Hommes de foi, hommes d’équité, nous avons tous le devoir aujourd’hui de mener ce travail prioritaire et difficile pour éduquer nos confrères et nos concitoyens à l’acceptation, à l’accueil, et à la solidarité d’abord avec « le nôtre » et, bien sûr, avec l’autre de tout bord, simplement parce que l’autre n’est que moi-même. L’accueil de l’autre nous le vivons aujourd’hui en ce moment car chacun de nous aujourd’hui représente en quelque sorte l’autre par son altérité par rapport au « Moi » avec un grand M.
Sa contribution s’articule autour de deux axes :
Le premier, le texte coranique, de l’appel de Dieu à chacun de nous pour se rappeler que « nous sommes à Dieu et à Lui nous retournerons » le second, le cheminement quotidien du croyant pour vivre cette appartenance à Dieu et, par là , à « une seule famille humaine ».
Dieu a dit : « C’est Lui qui vous a créés d’un seul être dont il a tiré son épouse, pour qu’il trouve de la tranquillité auprès d’elle. » Le prophète de l’Islam a dit : « il n’y a ni avantage ni priorité d’un arabe sur un non arabe, ni d’un blanc sur un noir que par la pitié, vous êtes tous fils d’Adam et lui-même, il est d’argile » Ainsi notre communauté ethnique, notre appartenance religieuse ou notre rang social ne doivent pas nous faire oublier cet appel divin. Nous sommes égaux parce que notre seigneur est unique et notre père est unique. Dieu dit : « Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et au voyageur (en détresse). « C’est pour le visage de Dieu que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » Pour cette raison, notre solidarité ne doit pas toucher seulement nos semblables ethniques, religieux ou sociaux mais s’exercer envers tous ceux qui sont dans le besoin.
Le second thème est tiré de la vie de notre prophète. Les premiers croyants qui ont adhéré à son message étaient imprégnés par une éducation qui sacralise l’appartenance au sang arabe, à la tribu et à la famille. Les Quraychites se pensaient les plus purs du monde et ne pouvaient en aucun cas se rabaisser au rang d’esclaves ou d’étrangers. Durant vingt trois ans, la première mission du messager fût d’effacer cette sacralisation et d’éduquer les croyants à se débarrasser de cet héritage pour accepter de se voir égaux devant le Dieu miséricordieux (« Toi qui cherches le pardon, pourquoi ne pardonnes-tu pas ? »). Hommes de foi, hommes d’équité, nous avons tous le devoir aujourd’hui de mener ce travail prioritaire et difficile pour éduquer nos confrères et nos concitoyens à l’acceptation, à l’accueil, et à la solidarité d’abord avec « le nôtre » et, bien sûr, avec l’autre de tout bord, simplement parce que l’autre n’est que moi-même. L’accueil de l’autre nous le vivons aujourd’hui en ce moment car chacun de nous aujourd’hui représente en quelque sorte l’autre par son altérité par rapport au « Moi » avec un grand M.
Qu’est-ce qu’accueillir ?
Intervenants :
— Hichem Bakri, secrétaire général de Cieux
— Mohammed Hicham, secrétaire général de l’Association des Musulmans de Courbevoie
— Pasteure Valérie Mali, Eglise Réformée de Levallois-Perret
— Rabbin Moïse Taïeb, Directeur du Talmud Torah de Neuilly
— Père Michel Anglarès, responsable de Notre-Dame de Pentecôte (modérateur)
Compte rendu de Michèle Rain, de Notre-Dame de Pentecôte....
Communications de la communauté [protestante]
La pasteur Valérie Mali souligne que l’acceptation de l’autre est inscrite dans tous les textes fondateurs mais, si elle est relativement facile à théoriser, elle est plus difficile à mettre en œuvre au cœur de nos vies. La violence à l’égard de l’autre n’est jamais loin. Le terme accueillir dont la racine grecque signifie recevoir apparaît 50 fois dans le Nouveau Testament, qu’il s’agisse des frères païens, des enfants, des égarés ou des exclus, c’est dire son importance dans la société de séparation et de méfiance qu’était Israël, en proie à l’occupation romaine et la spécificité de l’accueil évangélique. Dans la société antique, la citoyenneté impliquait une même terre, une même culture, un même sang. Ce modèle identitaire est critiqué par Mathieu (Mt 3,9) et le Christ s’en affranchit pour devenir l’autre. Il se fait solidaire des plus petits, accueille et se laisse accueillir et parle de lui-même comme de l’étranger rejeté ou accueilli.
L’ouverture à l’autre nous renvoie à la question de l’identité ; « qui suis-je ? ». Cette identité est renouvelée car elle est désormais fondée sur la foi en Christ. Cette foi est proposée à toutes les nations. L’ouverture à l’autre est une grâce qui vient de Dieu et non pas de l’homme et qui agit en chacun de nous pour nous permettre de nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueillis. Dans l’Eglise primitive fondée sur la profession de foi de Pierre, cette ouverture aux païens notamment n’allait pas de soi et les textes se font l’écho de débats et de dissensions. Pourtant, le chrétien était lui-même un étranger, à qui le Christ demandait de faire pour l’autre ce qu’il souhaitait que l’autre fasse pour lui.
Cet accueil est une remise en question permanente tant la différence fait peur mais il est indispensable de dépasser l’idée d’accueillir le même.
L’ouverture à l’autre nous renvoie à la question de l’identité ; « qui suis-je ? ». Cette identité est renouvelée car elle est désormais fondée sur la foi en Christ. Cette foi est proposée à toutes les nations. L’ouverture à l’autre est une grâce qui vient de Dieu et non pas de l’homme et qui agit en chacun de nous pour nous permettre de nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueillis. Dans l’Eglise primitive fondée sur la profession de foi de Pierre, cette ouverture aux païens notamment n’allait pas de soi et les textes se font l’écho de débats et de dissensions. Pourtant, le chrétien était lui-même un étranger, à qui le Christ demandait de faire pour l’autre ce qu’il souhaitait que l’autre fasse pour lui.
Cet accueil est une remise en question permanente tant la différence fait peur mais il est indispensable de dépasser l’idée d’accueillir le même.
ndpcahiers_desperanc.pdf [360 Ko]

