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Rencontre préparatoire
mercredi 28
janvier 2009
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église Sainte Marguerite : préparation Å“cuménique à la rencontre inter-communautaire du 22 mars 2009 à la Mairie de Paris 11è
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église Sainte Marguerite : préparation Å“cuménique à la rencontre inter-communautaire du 22 mars 2009 à la Mairie de Paris 11è
Paris 11ème, Sainte Marguerite – 40, rue Saint-Bernard
Thème : « Mes voisins »


Mots-Clefs : Hospitalité, Repas

Enseignement du père Jean-Louis de Fombelle

Une des questions fondamentales qui se pose à l’homme est le vivre ensemble. Cette question est d’autant plus aiguë que nous sommes maintenant plus de 6 milliards sur la planète-terre. On le voit dans les civilisations primitives et, en particulier, dans l’univers biblique ; le respect ou le non-respect du droit du voisin est une question cruciale.

 Dans l’Ancien Testament
Cela se joue au niveau collectif et au niveau individuel.
Au niveau collectif d’abord.
La Terre promise que Dieu a réservée à son peuple et dans laquelle le peuple élu s’installe après la traversée du désert est une terre déjà occupée.
De ce point de vue, l’histoire semble se répéter car le problème principal de la création de l’Etat d’Israël est qu’il a été créé sur une terre déjà occupée, d’où la terrible rivalité entre Palestiniens et Israëliens et toutes les violences et les guerres qui s’en sont suivies.
Quand le peuple élu, donc, arrive en Terre Sainte, il va s’opposer aux Philistins. Pour voir l’importance du problème, il suffit de regarder dans une concordance au mot « philistin » : il y a des colonnes entières de références.
La question est à ce moment-là comment exister à côté des Philistins. La cohabitation se fait dans la violence et dans les exactions commises par les Philistins sur les Israëlites et par les Israëlites sur les Philistins. (Livre des Juges, chapitre 15).
La cohabitation entre voisins se fait alternativement de manière pacifique et de manière violente par la guerre.
Il y a un autre moment dans l’histoire où se répètera la question d’une terre déjà habitée envahie par des chrétiens. C’est celle de la conquête du nouveau Monde.
Au nord de l’Amérique d’abord : les Pilgrim Fathers, protestants anglais, gagnent le nouveau continent pensant avoir trouvé une terre vierge pour vivre leur idéal évangélique. Mais cette terre est déjà habitée d’où la guerre violente et la quasi-extermination de la culture indienne à laquelle elle aboutira.
Au sud, les Européens trouveront des cultures beaucoup plus élaborées. Mais, sous le prétexte de leur apporter la civilisation —ou du moins ce qu’ils estiment être la civilisation, car les Aztèques, les Mayas ou les Incas n’avaient rien à leur envier- donc, sous le prétexte de leur apporter la civilisation et la religion chrétienne, ils chercheront, sans y réussir complètement, à anéantir les civilisations précolombiennes.
Le respect ou le non respect de l’autre se joue donc au niveau collectif mais aussi au niveau individuel. Voyons l’exemple de Caïn et Abel (Gen.4,3-12 – jalousie spirituelle qui va conduire au meurtre).
Et ici le plus intéressant me semble être celui de David. C’est encore un exemple de non respect du droit du voisin. Mais les peuples heureux n’ont pas d’histoire et la grande force de la Bible est de nous présenter des hommes faibles et imparfaits qui nous ressemblent.
Il a convoité la femme de son voisin, Urie le Hittite, et il a profité de l’absence de celui-ci pour prendre sa femme Bethsabée. C’est le prophète Nathan qui, en lui racontant une petite parabole, va lui faire comprendre comment il a violé le droit d’autrui, le droit d’un de ses proches. (2 Sam. 12,1-15)
A l’inverse, dans la Bible, l’hospitalité est sacrée. En effet, elle est souvent une question de vie ou de mort. Dans un pays en partie désertique, trouver de l’eau et de la nourriture est absolument nécessaire quand on en a été privé pendant des jours, surtout dans la traversée du désert.
L’hospitalité est un devoir sacré et on peut encore aujourd’hui en faire l’expérience en Israël.
De ce point de vue, le récit le plus éclairant est celui de l’accueil des trois mystérieux visiteurs par Abraham (Gen. 18). Dans ce récit, on a à la fois la dimension de l’hospitalité et du repas. L’accueil de l’autre est l’accueil de Dieu lui-même. Ce qui préfigure le Nouveau Testament : « Celui qui accueille un de ces petits, c’est moi qu’il accueille et celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé ».

 Dans le Nouveau Testament
Du respect de l’autre à l’amour de l’autre.
Il nous faut revenir au principe fondamental énoncé par le Deutéronome (Dt 5,21).
Il y a en effet dans l’homme une forte tendance à s’approprier ce qui est à l’autre.
Il peut arriver que ce soit une nécessité. Si je suis dans le besoin, je peux être tenté de prendre à l’autre ce qui est nécessaire pour moi. Mais, souvent, ce n’est pas par nécesssité mais par le désir d’avoir encore plus. Nous avons vu, par exemple, comment David, qui avait un harem entier à sa dispostion, a voulu s’approprier Bethsabée, la femme de son général Urie le Hittite.
Le droit est donc le seul moyen d’échapper aux rapports de force entre individus qui ont des volontés antagonistes, le seul moyen d’échapper à la loi du plus fort. Il s’appuie sur le principe évangélique : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on fasse pour vous ».
Mais, pour Jésus, le voisin n’est pas seulement un voisin : il est le prochain. Et le prochain, c’est tout homme ou toute femme qui s’approche de moi, comme on le voit lors de la parabole du Bon Samaritain.
Ainsi, dans la morale évangélique, la liberté de tout être humain doit être respectée parce qu’il est mon prochain auquel je dois, non seulement, le respect mais aussi l’amour : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Il en découle une attitude complètement renouvelée à l’égard de tous ceux que je rencontre et que nous trouvons, par exemple, au sujet de l’hospitalité dans la règle de Saint Benoît. « Que toute personne qui se présente au monastère soit accueillie comme le Christ lui-même ».
De ce point de vue, Jésus, pendant son ministère public, n’a jamais pu exercer l’hospitalité lui-même car il n’avait « pas de pierre où reposer sa tête ». C’est toujours lui qui a été accueilli dans différentes maisons : celles de Pierre, de Marthe et Marie et dans bien d’autres maisons de Palestine.
Mais la situation s’inversera dans le Royaume nouveau. C’est Lui qui nous accueillera au festin du Royaume, au repas de fête que nous partagerons avec Lui pour toujours.
En attendant, nous sommes invités à le reconnaître dans toute personne rencontrée, surtout les plus pauvres, ceux qui sont le plus dans le besoin : « J’avais faim et tu m’as donné à manger ». « J’avais soif et tu m’as donné à boire ».
Le christianisme, comme toutes les grandes religions, invite à respecter le voisin. Je respecte tes droits comme tu respectes les miens. Mais, pour cette religion, le voisin est plus qu’un voisin. Il est le prochain, celui qui est proche par sa proximité physique, mais aussi celui qui est proche de mon coeur. Je suis invité à aimer mon voisin, à me faire proche de lui, à deviner ses désirs les meilleurs pour les encourager et y contribuer dans la mesure de mes moyens.
Dans le christianisme, il y a un décentrement de moi-même. Ce n’est pas mon bonheur qui est le but ultime de ma vie, c’est le bonheur de l’autre.
La maxime « Faites aux autres ce que vous aimeriez qu’ils fassent pour vous » devient l’axe de vie du chrétien.
Tout cela découle du fait que je reconnais en tout homme mon voisin, mon prochain, mais, plus encore, la présence de Dieu. Puisque tout homme est habité par Dieu, tout homme a une dignité infinie que je suis invité à respecter.
D’une certaine manière, Dieu s’est fait homme, non seulement en Jésus-Christ, mais en tout être humain qui a, de par sa naissance, une dimension divine.

Témoignages et partage

 Une dame qui a perdu son mari, ayant un grand appartement, a accueilli des sans-papiers et d’autres personnes en situation précaire. Je ne me sens pas capable d’en faire autant.

 La perception que nous avons de l’autre, c’est bien souvent une réaction de peur. Si c’était ton fils, l’homme qui est là, dans la rue ? Tu le prendrais dans tes bras.

 On a peur de s’adresser à la personne et on s’aperçoit que ce n’est pas si compliqué.

 Où j’habitais avant, la paroisse a dit d’essayer d’organiser un dîner sur un thème qui parlerait de Dieu. J’étais nouvellement arrivé et j’ai fait du porte à porte. Je n’ai quasiment été jeté par personne ; j’ai découvert des familles de toutes croyances. Le soir, personne n’est venu.

 Mais, un an après, comme on avait commencé à faire connaissance, on a réussi à créer une sorte de Fête des Voisins.

 Les rencontres que l’on a à « La Fontaine aux Religions » favorisent les contacts que l’on peut avoir avec des personnes d’autres religions, non croyantes ou en recherche.

 « Dis-moi, quand je m’adresse à l’autre, dis-moi le trésor que je cherche et que je ne savais pas être déjà en moi ». En s’adressant aux autres religions, on découvre en soi le trésor que l’on ne voyait pas. Il faut donc dépasser la peur que nous avons en nous. En connaissant mieux l’autre, on fait partir la peur.

 Quel esclavage m’a-t-il empêché de répondre à autrui ? Je reconnais ne pas avoir toujours su faire preuve de l’hospitalité du cÅ“ur et de l’esprit nécessaire pour écouter l’autre, lui témoigner respect, amitié et réconfort.

 Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures«  (Pierre 1,4-9)

 En grec, le mot  »hospitalité«  est le mot  »philoxenos«  qui veut dire l’amour de l’étranger, par opposition à  »xénophobe«  qui signifie la peur de l’étranger. Etre hospitalier, cela ne signifie pas seulement de convier chez nous nos frères et nos soeurs pour un repas, bien que l’attention soit excellente de les aimer et de les servir. Cela exprime notre accueil de l’autre, celui qui ne fait pas partie de la famille immédiate ou à notre cercle d’intimes même celui différent de nous (soit qu’il vienne par exemple d’un autre pays ou d’une autre culture et qui a d’autres coutumes que nous).
 Si nous accueillons l’autre, c’est Dieu qui est présent en nous, qui accueille. Quel beau témoignage de fidélité nous donnons à la parole de Dieu.

 Par ailleurs, notre pape Benoît XVI rappelle dans une méditation récente pour la Semaine de prières pour l’Unité des Chrétiens :  »Dans un grand hymne de louange, le prophète Isaïe (Isaïe 25, 6-9) annonce que Dieu essuiera toute larme et préparera un riche festin pour tous les peuples et toutes les nations ! Un jour, dit le prophète, tous les peuples de la terre glorifieront Dieu et exulteront puisqu’il les aura sauvés. Le Seigneur en qui nous avons espéré est l’hôte du festin éternel dont parle Isaïe dans son action de grâce« .

 Prière : Vivre ensemble et en bon voisinage dans nos cités : que montent nos prières pour que le conflit insoutenable israëlo-palestinien ne s’exporte pas et puisse trouver une solution équitable, dans l’hospitalité des coeurs et des esprits.

 Je trouve difficile de respecter l’autre dans tous ses souhaits. Il faut une conversion permanente pour comprendre l’autre dans son chemin.

 Il y a la peur mais, aussi, on est dans notre confort égoïste  »Que peut-il m’apporter ?« 

 Mais il y a cette voix intérieure qui me fait aller vers mes voisins. Du coup, ils me le rendent bien en m’apportant des plats à chacune de leurs fêtes.

 J’habite au 6e étage et j’y suis la seule personne d’origine française. Aussi, la parabole du Bon Samaritain résonne fort en moi. J’ai offert un plat complet mais mes voisins sri-lankais sont végétariens.

 Question : Qu’est-ce qu’on fait de celui qui torture ?
N’oubliez pas l’hospitalité, car certains, sans le savoir, ont nourri des anges ».

 Quand j’ouvre ma porte, je reçois les voisins. Ce quelqu’un va m’apporter une lumière qui va m’éclairer et me nourrir.

 Père Jean de FOMBELLE : Dans le même sens, quand j’entends le téléphone, j’essaie de le laisser sonner deux fois et je prie pour la personne qui m’appelle : « Seigneur, bénis-la ».C’est une manière d’exercer l’hospitalité.
C’est Dieu qui est présent en nous qui accueille.

 L’étranger, c’est peut-être tout simplement le plus jeune ou le plus âgé qui ne partage pas les mêmes goûts que nous. L’hospitalité, c’est être capable d’écoute et d’attention.

 J’ai découvert une association-réseau dans les grandes villes. Quand il y a quelqu’un qui vient à Paris pour un entretien, par exemple, cette personne est reçue dans une famille où elle sera bien reçue plutôt qu’à l’hôtel.

 Père J.François RIBARD : J’aurais envie de remercier Jean de FOMBELLE. C’est un ancien camarade de séminaire. Je l’ai trouvé d’une grande clarté.

 Des ennemis, il y en a toujours. La parole de Jésus : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent ».

 Nous étions en pèlerinage en Terre Sainte. Le Père voulait célébrer la messe. C’était en plein désert, pas d’ombre. Notre guide, qui était juif, nous a dit : « Venez dans mon appartement qui est face au désert ». Et nous y sommes allés, un peu serré à 25.

 Qu’est-ce que l’A.C.A.T ?
A l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), nous nous engageons à prier pour les victimes mais aussi pour les bourreaux(branche française d’Amnesty internationale)

 Pour avoir des relations plus étroites, il faut du temps et des connaissances. Dans la relation, le voisin doit devenir un prochain.

 Un professeur m’a interpellé un peu fort, cela s’est mal passé au début mais, peu à peu, nous avons beaucoup discuté et il est devenu un ami bien qu’il soit différent de moi.

 Jésus a bousculé les gens de son temps. Le dialogue avec la Samaritaine. « Le temps est arrivé où on adorera Dieu partout en esprit et en vérité ». Le voisin, on ne l’a pas choisi, même au cimetière.

 L’autre est toujours un voisin ; il deviendra mon prochain parce que je suis chrétien.

Annonces

1.La Fontaine aux Religions est née pour apporter un message de paix. L’idée, c’est de manifester la réalité du dialogue avec les amis du quartier. On essaye de faire des rencontres festives. Le Dimanche 14 Juin 2009, nous pensons monter nos tentes-tonnelles Place Jean-Pierre Timbaud , quartier multiculturel du bas-Belleville pour le Village aux Religions.

2.Le 8 février, à la Maison des Associations, il y aura la préparation de la Communauté Laïque de 15h à 17 h. C’est au tour de cette Communauté de nous accueillir à la Rencontre inter-communautaire du Dimanche 22 Mars 2009.
mercredi 28 janvier 2009mercredi 28 janvier 2009
à partir de 20 h 30 jusqu’à 22 h 00à partir de 20 h 30 jusqu’à 22 h 00
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