dimanche 9
novembre 2008
posté le 5/9/2010 par Cieux de Paris 11ème
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Mosquée de Paris 11ème : rencontre intercommaunautaire. Thème : « Foi et Espérance »
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Mosquée de Paris 11ème : rencontre intercommaunautaire. Thème : « Foi et Espérance »
Mosquée de Paris 11ème : rencontre intercommaunautaire. Thème : « Foi et Espérance »
Paris 11ème, Mosquée Omar – 79, rue Jean-Pierre Timbaud
Le dimanche 9 novembre à 14h30, les membres des communautés musulmanes, juives, chrétiennes et laïques du 11ème arrondissement de Paris, se sont réunis dans la grande salle de prière de la mosquée Omar, 79 rue Jean-Pierre Timbaud, sur convocation adressée à chacun de leur responsable par Alexandre Vigne, président de l’association Cieux. Compte-rendu de Françoise Leforrestier et René Coulon.
Étaient présents à l’ouverture de la séance, les intervenants suivants :
• Cheikh Taieb, vice-Président de la fédération de mosquées Foi et Pratique
• Cheikh Ahmed, Imam à la Mosquée Omar
• Hichem Bakri, porte-Parole de la fédération de mosquées Foi et Pratique, secrétaire-général adjoint des Cieux
• Hervé-élie Bokobza, coordinateur du dialogue interreligieux et laïque des Cieux
• père Francis Barjot, curé de Notre-Dame d’Espérance, 47 rue de la Roquette
• Serge Benhaïm, président de la synagogue Abravanel, 84 rue de la Roquette
• Rabbin Gabriel Hagaï, représentant des juifs pratiquants au sein des Cieux
• Jacques Lefort, responsable de la communauté laïque des Cieux Paris 11ème
• Karima Meguenni, trésorière de l’association La Fontaine aux religions
• père Jean-François Ribard, prêtre à la paroisse du Bon Pasteur, rue de Charonne
• Alexandre Vigne, Président de l’association C.I.E.U.X
Absents excusés de Paris 11ème ayant exprimé le souhait de participer à la prochaine rencontre :
• Mme la pasteure Diane Barraud, pasteure de l’Eglise Réformée, directrice du centre social du Picoulet, rue de la Fontaine au Roy
• M. le pasteur Daniel Bouyssou, membre de l’Eglise luthérienne pasteur de la paroisse Le bon secours, rue Titon
• M. Haydar Demiryurek, responsable de la mosquée place de la Nation, Vice-Président du CFCM et président du Comité de Coordination des Musulmans Turcs de France
• M. le pasteur Vincens Hubac, membre du Conseil National de l’Eglise réformée de France et pasteur de la paroisse Le Foyer de l’âme, 7 bis rue du Pasteur Wagner, vice-président chrétien de l’association Cieux
Accueil par Hichem Bakri et Mongi Ben Mohamed
« L’essentiel, c’est que l’on se rencontre, quel que soit l’endroit. Aujourd’hui, c’est une rencontre de personnes, mais surtout une rencontre entre des coeurs qui souhaitent se rencontrer autour de beaucoup de thèmes.
Ce qui nous rassemble : 1°) l’amour 2°) unicité (Nous avons tous un même Père). Nous croyons tous que Dieu nous a créés.
Dans notre assemblée, il n’y a pas de sens unique ; il faut qu’il y ait un échange, un dialogue afin de retrouver les points qui nous unissent ».
Cheikh Tayeb
« On a le même but ; on croit qu’il y a un Dieu. Toutes ces réunions, c’est pour nos enfants, pour tout le monde. Dieu a créé chacun de nous ; chercher pour quoi il m’a créé, il l’a fait dans un but précis. On n’entend que des problèmes, des morts, parfois même la haine et ces réunions, comme aujourd’hui, c’est un commencement. On a une lourde responsabilité devant Dieu : il nous demandera ce qu’on a fait, comment on s’est comporté. L’oxygène, c’est pour tout le monde.
Notre travail, dans ces rencontres intercommunautaires, c’est de montrer ce que l’on a dans notre coeur. L’amour peut fortifier notre foi.
Vous êtes les bienvenus ; vous êtes dans la maison d’Allah. Que l’on continue en s’approchant les uns des autres».
Alexandre Vigne
« Nous sommes aujourd’hui reçu par la mosquée Omar au nom de l’association Foi et Pratique. Voila déjà un temps certain que nous nous pratiquons :
— Hichem Bakri a représenté la Mosquée Omar dès la réunion constitutive de CIEUX Paris 11ème, il y a un an presque jour pour jour, le 18 novembre 2007 à l’église Saint-Ambroise.
— Depuis, l’association Cieux a été reconnue par la Mairie du 11ème et siège à la Maison des Associations, 8 rue du général Renault.
— Hichem a été élu Secrétaire Général adjoint des Cieux lors de l’assemblée générale du 21 septembre dernier. Il est habilité ainsi que Cheikh Ahmed, à réserver des salles de réunion à la Maison des Associations du 11ème arrondissement.
— Le 10 février 2008, 1ère rencontre intercommunautaire à St Ambroise. Le 18 mai 2008 : 2ème rencontre intercommunautaire à la Synagogue. Aujourd’hui, c’est au tour de la Mosquée Omar.
Foi et Espérance : ce thème a été choisi à l’issue de la précédente rencontre inter-communautaire le 18 mai dernier, à la synagogue Abravanel, pour approfondir le droit à la liberté de conscience, de penser, de conviction et de religion.
Quel bien ou quel mal se réalise en chacun de nous quand on respecte le droit à la liberté de conscience, de penser, de conviction et de religion ? Est-ce que ma foi en est affaiblie, relativisée ? Est-ce que mon espérance en est affectée ? En quoi ces vertus que sont la foi et l’espérance, peuvent-elles nous aider à appliquer ce droit dans le quotidien de nos vies ? La mosquée Omar nous donne un bel exemple aujourd’hui du respect de ce droit, en recevant au sein même de la salle de prière des communautés chrétienne, juive mais aussi laïque.
Pour estimer la foi des juifs, des chrétiens et des musulmans mais aussi l’espérance laïque des non-croyants, nous allons :
— écouter un cours enseignement sur ce qu’est la foi et l’espérance dans chaque communauté ;
— à 15h30, après la prière de nos amis musulmans, nous nous mettrons en petits cercles pour témoigner chacun de notre foi et de notre espérance ;
— à 16h30 jusqu’à 16h50, nous retournerons les sièges pour faire un rapide compte-rendu de ce qui a été partagé ».
Cheikh Ahmed
« Nous remercions Dieu pour sa bienfaisance. Juifs, chrétiens, musulmans, nous avons le même grand-père Abraham. Si nous nous mettons d’accord, cela va se propager dans le monde entier ; si nous sommes en désaccord, cela se propagera aussi. Nous avons reçu la foi d’Abraham pour nous faire du bien et non l’inverse. Dieu nous dit de prêcher la bonne Parole pour l’humanité entière sans exception. C’est mon souhait. Je laisse la parole aux frères ».
Karima Meguenni
« La première sourate rappelle ce qu’est notre foi. L’espérance, dans la religion musulmane, c’est s’en remettre à Dieu : quand on a la foi, on espère ».
Jacques Lefort
« Voici le compte-rendu de la préparation faite par la communauté laïque.
Une communauté laïque peut permettre de réunir les différents membres d’une famille qui peuvent penser différemment. Il y a des personnes qui peuvent ne pas croire.
Le but est de croiser les trois religions avec une pensée plus populaire, les proverbes de la sagesse populaire et nos institutions.
L’instantanéité de l’espérance : vivre pleinement l’instant présent. Mais ce n’est pas suffisant pour trouver le bonheur.
Profiter dans un instant présent de tout ce qu’il peut y avoir d’infini dans l’acte qu’on accomplit. L’acte d’amour et une découverte scientifique sont des moments de bonheur. Ils portent en eux une certaine forme d’infini et donc projection dans l’avenir.
Une personne qui porte une espérance dans un bien matériel, ce qui est courant, pense que ce bien va lui donner de l’avenir. On ne peut s’accomplir dans un instant présent.
L’amour est un sentiment religieux mais aussi laïque. Une espérance ne peut être pleine et entière que si elle est liée dans une relation, soit avec autrui, soi avec soi-même et cela lui donne une certaine forme de puissance.
Désespérance : quand on traverse des moments de désespérance, ils conduisent très vite à un esclavage, alors que l’espérance libère.
Nous avons retenu cinq proverbes :
— C’est une belle récompense de laisser ses jours en espérance (bonheur né d’une espérance)
— L’espérance ne donne ni à boire ni à manger
— J’aime mieux un bien présent qu’un meilleur à venir
— Plaisir engendre espérance et déplaisir vengeance
— La foi, l’oeil (la chance), la renommée (le regard de l’autre) ne veulent guère être touchés »
Hervé-élie Bokobza
« J’ai participé à la rencontre préparatoire de la communauté laïque. J’ai pu voir combien il y a des sentiments dans l’homme qui lui donnent une source d’éternité. Le passé, le présent est l’avenir forment un seul bouquet. La connaissance ne s’inscrit ni dans le temps ni dans l’espace. La seule grâce que Dieu nous donne, c’est l’instant présent. L’enfant sait bien que demain n’arrive jamais. L’espoir me permet de rendre le quotidien supportable.
Planter une graine correspond à la foi. Si le monde continue à durer, c’est parce que l’homme continue à planter parce qu’il croit en Dieu; il espère un monde meilleur. Le monde, c’est une chaîne ininterrompue de croyants ».
Rabbin Gabriel Hagaï
« Notre espérance est basée sur notre foi. La foi est basée sur le premier commandement (Exode XX, 2-3 et Deut. V, 6-7) : « Je suis l’Eternel ton Dieu… Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » Premier commandement lié à la liberté, car créés à l’image de Dieu, nous Lui sommes semblables dans notre liberté de choisir ; Dieu a le libre arbitre et nous aussi. Liberté de foi et liberté d’espérance.
L’essentiel concernant l’espérance, ce n’est pas tant CE que l’on espère mais CELUI en qui l’on place son espérance. Base ton espérance en Dieu, comme le verset du Psaume (XXVII, 4) : « ... espère en l’Eternel ».
La valeur numérique de l’espérance ’tiqwa’ est 511 (chaque lettre possédant une valeur numérique), et cette valeur apporte un enseignement moral. 511 est égal à 7 fois 73, valeur numérique de ’hokhma’ (sagesse) – le nombre 7 symbolisant la création, la nature. Une des récompenses de l’espérance ’bien placée’ – c’est-à -dire en Dieu – est d’acquérir de la sagesse quant à Sa création. Nous percevons Dieu derrière le théâtre du monde, et renforçons notre foi et notre espérance en Lui.
Foi et espérance sont liés, vu qu’on place son espérance en qui on a foi, c’est-à -dire en Dieu. En hébreu, émouna – traduisant à la fois ’vérité’ et ’foi’ – est de la racine a-m-n – qui se retrouve dans le mot amen. Amen signifie ’oui, c’est vrai ; je mets ma foi dans cela’. Cf. verset (Deut. XXXII, 4) : « …Dieu de vérité/foi (El émouna), jamais inique, constamment équitable et droit. » Ainsi que (Psaumes CXIX, 86) : « Tous Tes commandements sont foi/vérité (émouna)… »
La valeur numérique de la foi ’émouna’ est 102, qui correspond à trois choses essentielles : premièrement, c’est la valeur du mot élohénou ’notre Dieu’. Ce mot se trouve dans notre credo, le shema’ Israël, récité matin et soir (Deut. VI, 4) : « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu (élohénou), l’Eternel est un (éhad). » ’éhad’ (un, unique) et ’ahava’ (amour) ont la même valeur numérique de 13. Notre Dieu unique est un dieu d’amour, et c’est en Lui que je place ma foi.
Secondement, 102 est la valeur de sevi ’beauté, harmonie’ et ’gazelle’. C’est le surnom de la Terre Sainte : eres ha-sevi (terre de beauté). La foi en Dieu est source de beauté, d’harmonie dans notre vie.
Troisièmement, 102 correspond à qav (une unité de mesure biblique). Le Talmud (Ta’anit 10, Berakhot 17, Houllin 86) raconte qu’une voix céleste disait chaque jour : le monde entier est nourri grâce à Mon fils Hanina, et Mon fils Hanina lui-même se suffit d’une mesure (qav) de caroubes de veille de shabbat en veille de shabbat. Hanina était ici un rabbin du Talmud très pieux, possédant une foi immense, et donnant un exemple à tous par son comportement. Pourquoi spécifier ici ’une mesure (qav) de caroubes’ ? Il aurait suffit de dire ’quelques caroubes’. C’est pour nous enseigner la foi de Hanina, qui se remettait totalement dans les mains de l’Eternel, et ce qu’Il lui donnait, lui suffisait.
Importance du dialogue interreligieux et interculturel pour apporter le respect et l’amitié entre nous tous, malgré nos différences, comme le souligne Malachie (II, 10) : « N’avons-nous pas qu’un seul Père ? Un seul Dieu ne nous a-t-Il pas créés ? » L’important, c’est de faire le premier pas, comme le disent nos sages : Il suffit d’entrouvrir la porte pour que Dieu l’ouvre en grand [et entre]. Que se réalisent en nous le verset (Psaume XXVII, 4) : « Espère en l’Eternel, courage, que ton coeur soit raffermi – oui, espère en l’Eternel. » »
Serge Benhaïm
« Alors que l’on n’entend parler que de conflits, ici, ce sont des gens sincères et amicaux.
Il faut montrer l’exemple. Cheikh Ahmed, vous êtes un exemple pour moi, vous me mettez dans l’espoir de lendemains de fraternité ».
Père Francis Barjot
« Je pense au texte de Saint Paul, un bon juif : il parle de l’espérance, de la foi, de la charité comme dons (cadeaux) de Dieu. C’est la charité, dit-il qui est le plus important. Je pense aussi à Charles Péguy qui écrivait dans un texte que vous pourrez trouver sur le site de Notre-Dame d’Espérance: ‘ la foi que j’aime le mieux dit Dieu, c’est l’espérance. La foi, ce n’est pas tellement étonnant... La petite fille Espérance marche entre ses deux grandes soeurs, la foi et la charité ; c’est elle qui les entraîne... ‘
Le coeur de la foi, pour les chrétiens, c’est de croire que Jésus a tant aimé le monde qu’il l’a aimé jusqu’au bout. Nous croyons que la mort n’a pas le dernier mot de la vie. Dans l’Evangile, Jésus s’approche des gens qui sont dans des situations de mort : paralysé, femme adultère... Il les sort du tombeau. Pour moi, l’espérance chrétienne est un don de Dieu qui vient à ma rencontre pour me sortir de tous ces tombeaux dans lesquels on est enfermé. Le divorce, par exemple, n’est pas le dernier mot de la relation, la maladie n’est pas forcément le chemin du désespoir. L’espérance est cette parole qui nous fait dire : cette mort dans laquelle tu es plongé, cela peut devenir une porte qui va t’ouvrir sur une autre vie ».
Père Jean-François Ribard
« Nous sommes les branches d’un seul arbre : la foi au Dieu unique d’Abraham. Je crois en un seul Dieu ; nous le disons dans notre credo. Dieu : on peut y croire par tous les signes qu’il nous a donnés de la création. Jésus nous demande de prier Dieu comme Père.
J’ai entendu : l’espérance, c’est l’avenir de la foi. L’amour, en français, c’est aussi bien le chocolat que l’érotisme ou autre; agapê, c’est l’amour fraternel qui sort. Saint Jean dit : Dieu est amour. La foi est une réponse d’amour à un Dieu qui nous aime; c’est la confiance, mais c’est une confiance d’amour ».
Abdallah : récitation et traduction des paroles de l’appel à la prière
« Serviteur de Dieu parmi d’autres serviteurs. Dieu est grand ; je témoigne qu’il y a un seul Dieu dans l’univers, que le Serviteur Mahomet a été envoyé. Venez à la prière, venez réussir par la prière. Dieu est grand, Dieu est seul dans l’univers ».
Alexandre Vigne
« Merci Abdallah pour cette récitation. En vous écoutant, nous voyons que l’estime de la foi des autres consiste aussi à entendre des récitations, des chants et pas seulement des enseignements ou des témoignages. Serge Benhaïm propose de recevoir en juin à la synagogue Abravanel une rencontre intercommunautaire qui serait conclue par des chants. Des psalmistes juifs, chrétiens et musulmans se succéderont dans la synagogue. En attendant ce jour, préparons la prochaine rencontre qui sera organisée le 22 mars 2009 par la communauté laïque. Ce dialogue portera sur le thème des ‘Voisins’, comme viens de le proposer Karima Meguenni, au nom de La Fontaine aux religions. Cette association, que préside Patrice Obert, érigera son ‘Village du Tour du monde’ le 14 ou le 21 juin place Jean-Pierre Timbaud : il sera précisément consacré aux voisins.
Chaque communauté du 11ème est ainsi invitée à préparer le prochain dialogue à partir des mots communs aux Livres Saints et aux proverbes populaires : les mots voisins, maison, hospitalité, générosité, repas, aide, cité…Ces mots permettront d’approfondir le 10ème commandements et le droit de l’individu à la liberté (Déclaration universelle des droits de l’homme, article 1). En effet, le Dixième commandement [‘Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, tu ne désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son bÅ“uf ou son âne : rien de ce qui est à ton prochain’(Dt 5, 21)] éclaire le droit de l’individu à la liberté (Déclaration universelle des droits de l’homme, article 1). La liberté de chacun s’arrête où commence celle d’autrui. La Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen de 1795 en donnait la définition suivante : ‘La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui’ (article 2 des Droits). Elle stipulait : ‘Tous les devoirs de l’homme et du citoyen dérivent de ces deux principes, gravés par la nature dans tous les cÅ“urs : ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fit et faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir’ (article 2 des Devoirs) ».

