jeudi 15
avril 2010
posté le 31/8/2010 par Cieux de Paris 11ème
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Mission Populaire Évangélique de France : préparation œcuménique à la rencontre du 14 juin 2010 à la Mosquée Omar, Paris 11
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Mission Populaire Évangélique de France : préparation œcuménique à la rencontre du 14 juin 2010 à la Mosquée Omar, Paris 11
organisé par Le Picoulet
Paris 11ème, Le Picoulet – 59 rue de la Fontaine au Roi
Thème : « La rencontre »
Lectures Bibliques : Exode 3. 1-8a) et Matthieu 15.21-28
Prédication du Pasteur Diane BARRAUD
Il n’est pas facile de choisir dans la Bible un texte sur la rencontre. Ou plutôt... il est difficile d’en trouver un qui n’en parle pas! Rencontre entre Dieu et l’être humain; entre l’homme et la femme; rencontre entre Abraham et les rois du Proche-Orient, et avec les trois hommes qui s’avèrent être Dieu; rencontre entre le peuple d’Israël et le roi de Moab, puis avec les peuples de Canaan; rencontre de Jacob et Esaü, les deux frères...
Ce ne sont que quelques exemples du Premier Testament. Et puis, Jésus aussi passe son temps à rencontrer: Jésus et les disciples; le Ressuscité et les disciples; Jésus et les Pharisiens... Jésus et la « femme étrangère »
Que de rencontres... pour raconter notre foi. Le double intérêt de ce thème c’est qu’ il rejoint notre expérience humaine commune et quasi quotidienne, et en même temps il est une structure fondamentale de notre foi. Comme si notre foi ne pouvait se dire autrement qu’en termes de rencontre, et de rencontre entre des différents.
Pour ce soir j’ai donc choisi deux de ces rencontres bibliques: l’une entre Dieu et un homme, Moïse; l’autre humaine, terriblement humaine, même si le Christ en est protagoniste. Ces deux épisodes ont deux grands traits commun: d’une part la rencontre est source de nouveauté et de vie; d’autre part la rencontre est... difficile!
Moïse, dans l’épisode du Buisson ardent, voit Dieu venir à sa rencontre; il y a comme une séduction, un attrait de la part de Dieu, auquel Moïse répond, sans trop savoir... et puis « Moïse se cache le visage, car il a peur »: la rencontre souligne très vite la différence entre ceux qui se rencontrent.
Mais là le jaillissement de vie surgit tôt: un jaillissement promis pour le peuple qui quittera la souffrance et l’esclavage, pour entrer dans la liberté. Cependant, après cette promesse, débute une sacrée négociation (mais qui suis-je pour...? Et toi, qui es-tu? Et comment le saurai-je? Mais je ne sais pas parler! Etc), jusqu’à ce que Moïse accepte de partir en mission. Se mettre d’accord, dans la rencontre, ce n’est pas toujours évident; et les difficultés subsistent au long du compagnonnage dans le Désert. Pourtant, la promesse de liberté, le jaillissement de vie, s’accomplit.
Le récit de l’Evangile quant à lui, je l’ai souvent travaillé avec des catéchumènes: ils en sont choqués, comme je l’ai été avant eux! L’attitude de Jésus est choquante, dans son indifférence qui passe ensuite par le mépris. Jésus dans ce récit est terriblement « humain »: il a intégré la frontière qui séparerait son peuple des autres peuples; il imagine à peine que soit possible une rencontre avec l’extérieur; il traite cette femme avec un mépris dont on a du mal à comprendre les raisons.
La rencontre est difficile.
Elle est asymétrique: l’une la veut, l’autre pas. Mais c’est celle qui la veut qui gagne.
Elle porte une forme de violence, celle qu’on utilise pour maintenir loin de soi l’autre, l’étranger. Mais, par la persévérance de la femme, par son intelligience et sa foi, cette rencontre devient chemin de conversion et source de vie – pour la petite fille malade, pour sa mère... et pour Jésus lui-même, qui change, qui comprend mieux sans doute l’ampleur de sa mission.
Ainsi la rencontre, toute difficile soit-elle, permet la vie, la foi. Il n’y a pas d’autres histoires pour Dire Dieu, et dire notre destin d’humanité: la vie est dans la rencontre, alors osons la rencontre.
Dans notre quartier, elle s’offre d’elle même à nous dans une dimension interreligieuse (entre autres!).
Les textes que nous avons médités peuvent nous donner confiance, tout en nous gardant de l’angélisme. Ils nous invitent à vivre la rencontre dans la vérité – de ce qui se passe, de ce que nous sommes, de ce que nous ressentons, de ce qui va bien et ce qui « coince »; ils nous invitent à la rencontre dans une certaine humilité, et dans l’ouverture: préparons-nous, comme Moïse et comme la femme dans l’autre sens, à des négociations; préparons-nous, comme Jésus, à des conversions; préparons nous à la vie nouvelle qui jaillira de nos rencontres.

